Discours Préliminaire, p
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} de V Universalité, il a indiqué ce que la langue des principales nations de l'Europe révèle de leur histoire et de leurs mœurs; il y a caractérisé ces langues, fort bien la langue italienne qui lui était familière, mieux encore la nôtre : « Le Français, par un privilège unique, est resté seul fidèle à l'ordre direct, comme s'il était tout raison.... C'est en vain que les passions nous bouleversent et nous sollicitent de suivre Tordre des sensations; la syntaxe française est incorruptible. C'est de là que résulte cette admirable clarté, base éternelle de notre langue.... Quand cette langue traduit, elle explique véritablement un auteur. . . . Elle est de toutes les langues la seule qui ait une probité attachée à son génie \ » Enfin, il a entrepris son Dictionnaire, et il nous en a laissé... le Prospectus! Évidemment son Dictionnaire, s'il l'eût exécuté tel qu'il l'annonçait, eût marqué un progrès sur ceux qui existaient, quoique encore un peu trop limité au bel usage et plus littéraire que scientifique 2 : le Dictionnaire n'ayant point paru, le Prospectus, après avoir fait grand tapage, risque de passer aujourd'hui pour la plus forte gasconnade de Rivarol. Il s'y trouve certain article 8 : « n'omettre, si possible, aucune des règles et des difficultés », qui l'eût, je pense, amusé, si le Prospectus eût été d'un autre que lui. Conterai-je à ce propos qu'en 1797 il y a déjà dix années qu'il promet à son siècle la règle « du placement des épithètes avant ou après le nom »? En 1787, il se disait en mesure de l'établir et de « tirer à jamais d'embarras les étrangers, les jeunes gens et les femmes » 3. Le monstre avait gardé son secret. En 1797, vous jureriez qu'il est sur le point de le dire. Et il est mort sans l'avoir dit. Les étrangers, les jeunes