‹ Rivarol, sa vie, ses idées, son talent, d'après des documents nouveauxChapitre 19 sur 211 · Voir l'Appendice · texte numérisé non relu

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2. Sur les sœurs de Rivarol et en particulier sur Françoise, voir Y Appendice, § 2. J'y reparlerai de l'article de Restif.

3. Voir la Correspondance politique de Peitier, n° 60 (15 juin 1792) : « Les amis de M. Dumouriez l'accusent de voir M. de Rivarol, et les ennemis de M. de Rivarol en conviennent. Nous ignorons si en effet ces deux personnages se rapprochent quelquefois; mais nous sommes certains que leurs principes discordent sans cesse, que si le ministre écoute l'écrivain, c'est pour éviter le bien qu'il dit, et que si l'écrivain écoute le ministre, c'est pour savoir tout le mal qu'il fait. » Voir aussi la Nouvelle Correspondance politique ou Tableau de Paris, pour servir de suite aux 52 premiers numéros de la Correspondance politique-, n° 6 (10 juin 1792) : « Tout le tripot de Dumouriez est furieux contre la baronne de Beauvert : on pré-

Hambourg, il voisine de même avec elle; mais lorsqu'elle le prie de repêcher Dumouriez qui barbote et se noie dans son rôle d'intrigant : « Si les prières fléchissent le courroux du ciel, lui répond-il, c'est à ceux qui ont la foi de prier, pour moi, ma chère, qui n'ai précisément que celle qu'il me faut, je suis très-loin d7aspirer à faire un miracle : l'opinion a tué Dumouriez lorsqu'il a quitté la France. Dites-lui donc en ami de faire le mort; c'est le seul rôle qui lui convienne; plus il écrira qu'il vit, plus on s'obstinera à le croire mort *. » Il la gronde avec grâce si elle s'obstine à en faire à sa tête, si elle donne raison au cabinet de Berlin ou s'intéresse au jeune duc d'Orléans 2. Et le soir, lorsqu'il lui dit adieu, elle lui recommande de

tend que c'est elle qui dévoile à son frère toute l'intrigue du cabinet, et que c'est celui-ci qui s'amuse à lui procurer la publicité qu'un certain papier public lui donne régulièrement trois fois par semaine. (Ceci est une erreur; le papier public en question est le Journal Royaliste, rempli en effet « d'indiscrétions » sur le ministère de Dumouriez; mais le Journal Royaliste était dirigé par le comte de Barruel-Beauvert. qui avoue avoir reçu ses renseignements de Françoise elle-même et non de Rivarol; voir ses Lettres sur quelques particularités secrètes, etc.). Les Jacobins ont envoyé à Dumouriez une députation à cet effet, pour lui déclarer que la baronne de B. et M. de Sainte-Foy, déjà plus que suspects par leurs liaisons aristocratiques, avaient perdu la confiance de la société et qu'il eût à leur retirer ses bonnes grâces. » Dumouriez, "oute le journaliste, a refusé dobéir à cette sommation. Le Mémoire de Rivarol, du 7 juin 1792, que je cite plus loin, prouve qu'il était bien informé de ce que faisait ou projetait Dumouriez.

1, Sulpicedela Platière,Fz>...de Rivarol, 1,72-73. Rivarol a dit: «Dumouriez détruit à coups de plume ce qu'il a fait à coups d'épée » (Carnets). Dans son Histoire générale des Émigrés, M. Forneron cite une lettre de Dumouriez à Thauvenay du 19 août 1799 (Archives), où Dumouriez se plaint d'avoir été calomnié par Rivarol, « frère de mon amie ». Malheureusement, il n'était plus possible, de calomnier Dumouriez.

2. En 1796, <iit Claude-François dans une note manuscrite, Louis-Philippe d'Orléans, fils de Philippe-Égalité, vint à Hambourg pour s'y embarquer. Il était sans argent; il s'adressa à Mme de Beauvert, qui lui donna un trousseau d'un millier d'écus et cinquante louis, après l'avoir gardé quelques jours incognito. Quand les émigrés le surent, ils jetèrent les hauts cris; les deux frères de la baronne lui firent de vifs reproches. Lors de la lies tau ration, à peu près ruinée, elle se présenta à Son Altesse Royale, qui lui rendit ses cinquante louis et lui fit remettre cinq ou six cents francs par an jusqu'à sa mort, qui ne tarda guère. Est-ce bien là de la générosité royale? demande Claude-François.

ne point écrire aux vieux de Bagnols sans leur envoyer un bon baiser de leur fille '.

Ah! ses lettres aux vieux de Bagnols, qu'elles sont jolies! J'en ai sous les yeux trois, manuscrites, deux de 1797, une de 1801; et je m'attarde à manier les feuilles de grand papier jauni, à regarder sa toute petite et si moulée, si nette écriture2. Gomme son esprit sait bien payer les dettes de son cœur et fait bien valoir son cœur! Oui, il aime les bonnes gens qui habitent là-bas, à des centaines de lieues de lui; et Catherine à qui il promet de longs jours; et Jean dont il se dit si gentiment l'ouvrage, dont il flatte avec un câlin sourire la très innocente métromanie, à qui il destine deux « boites » achetées à son intention; et tante Françoise dont les petites rentes ont subi des retards qui le peinent; et la vieille servante Rose qu'il n'a pas non plus oubliée. Il est presque riche en 1797, et vite il leur fait leur part : tant de louis pour ceux-là, d'écus pour celle-ci, et il s'engage à en envoyer autant chaque mois. Il maudit la Révolution qui l'exile en Allemagne tandis qu'ils vieillissent à Bagnols; il voudrait les revoir, les embrasser.... Une réflexion me gêne un peu. De 1777 à 1792, depuis le jour où il a pris sa volée et s'est éloigné de Bagnols jusqu'au jour de l'exil, en l'espace de quinze années, d'où vient qu'il n'est pas une seule fois retourné vers eux? Le loisir ne lui en a pas manqué. Craignait-il d'avouer des parents de si pauvre mine, alors que ses ennemis n'étaient déjà que trop portés à les lui reprocher? Je lis dans ses Carnets : « Un malheureux jeune homme s'étant poussé dans le monde profitait d'une circonstance heureuse pour envoyer quelques secours à son père, et recommandait le secret à un ami qui l'aidait en cela : parce que, disait-il, le malheur d'avoir un père

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