‹ Rivarol, sa vie, ses idées, son talent, d'après des documents nouveauxChapitre 20 sur 211 · Lettre de Rivarol à sa tante, du 18 août · texte numérisé non relu

Lettre de Rivarol à sa tante, du 18 août

2. Gomme elles ont été toutes les trois inexactement transcrites par M. de Lescure, j'ai cru devoir les reproduire dans Y Appendice, § 4.

pauvre pouvait lui faire plus de tort que sa piété filiale ne lui faisait honneur ». Serait-ce lui, ce « malheureux jeune homme »? Mais non, car en 1792 il venait bravement exposer à M. de la Porte la détresse de son père, et demander pour lui un emploi dans les domaines du roi1. Et les deux faits seraient en contradiction.... Raison de plus, peut-être, pour les rattacher tous deux à son histoire. S'il n'était pas sujet à se contredire, il eût bien su se rapprocher de ceux qu'il aimait; il ne se serait point contenté d'entretenir avec eux, de sa vingt-quatrième à sa quarante-huitième et dernière année, des rapports épistolaires dont j'ai peur de deviner les intermittences.

Quant au mariage, il lui en a coûté cher de s'y être cru des aptitudes. Arrivé depuis peu à Paris 2, à vingt-six ou vingt-sept ans, il rencontre miss Mather Flint, dont la famille originaire d'Ecosse s'était réfugiée en France à la suite du roi Jacques, fille de Marthe Whitfil et de Jean Mather, lequel est une façon d'érudit et de grammairien3. Elle est aussi pauvre et de trois ans plus âgée que lui. Quelle comédie lui joue-t-elle? Celle de la passion? 11 sif-

1. Lettre de M. de la Porte au roi, du 19 avril 1791, citée plus loin.

2. Si M. de Lescure ne s'était pas trompé sur la date de ses lettres à son père et à sa tante, lettres qui ne sont pas de 1800, mais de 1797, s'il avait lu celle à M. de Gaste du 14 juillet 1797 (citée et mal datée par M. Alègre), il aurait vu qu'en 1797 Rivarol dit que son fils a seize ans passés et « court sur sa dix-septième année » ; il n'aurait donc pas daté sou mariage de « 1781 ou 1782 », alors que la date n'en peut être postérieure à USO.Voir plus loin l'histoire du Prix de vertu accordé en août 1783 à la garde-malade qui nourrit de ses deniers Mme de Rivarol depuis deux années, dit Grimm (Correspondance, août 1783), « depuis plusieurs années », dit La Harpe (Correspondance littéraire). Le mariage, à ce que m'apprend une note de Claude-François, a été célébré à Saint-Sulpice. J'ai voulu consulter les registres de la paroisse; il m'a été répondu que tous ceux qui étaient antérieurs à la Révolution avaient disparu.

3. Pour son nom, son origine, voir et comparer d'une part ce qu'elle a dit elle-même : 1° dans sa Notice sur la vie et la mort de M. de Rivarol; 2° dans sa Lettre sur M. de Rivarol, en tête de l'édition des Œuvres complètes; d'autre part, la Préface des Pensées inédites; et aussi l'acte de divorce que je citerai. Elle signe tantôt E. Flint de Rivarol, tantôt H. Flint de Rivarol. Mais elle avait un autre prénom, celui de Louise. — Née en 1750, morte en 1821, d'après H. de la Porte et les papiers de la famille.

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fierait. Celle de l'admiration? Gare à maître corbeau! « Un jour, je m'avisai de médire de l'amour, il m'envoya l'hymen pour se venger1. » Le mot semble impliquer qu'il s'est cru tout d'abord amoureux. Elle assure qu'elle a été très belle; et puis, elle écoutait si bien 2! 11 l'épouse.... Quel réveil, le lendemain! Le lendemain elle parle, et le charme est rompu. J'ai tenu à être édifié sur son compte; j'ai lu ses œuvres; je suis édifié3. Elle a juste assez écrit pour que nous ne puissions ignorer ses ridicules, et juste assez raconté ses malheurs pour que nous plaignions son mari. Il ne lui suffit pas d'être infatuée d'elle-même, de soupirer à tout propos : « mes aïeux »,... « mes gens »,... « l'éducation que j'ai reçue », et de se comparer à Mme de Maintenon pour la beauté, à Mme de Sévigné pour l'esprit1; d'être pédante au delà du vraisemblable et de citer

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