ÉTUDE
< Ne v« p^ là.A. U y a da danger. > Quel e^ Feofaat qui, e&t^daat cette pliiase, ne 9e sent IdyIucîbtauent attiré vers le eotn dangeieiui qu'on lai dit ttinier f Ries que ee mok de dwger lui fidt battre le GQMur. Il a'approeha» il rude, il regarde: « G*e8t là... » et tout au fond de sa peur, ii 7 a quelque qImw q«i TentralM, le ftsdne. G^est l'attrait du
Je me aoavieo&qiie^ tout petit, on me menaitièuer qaelqoefaie dan&ua grand parc abandonné. Il 7 avail aa fond de ce porc, soua un fouillis de loneea» de hrouasaïUes, we vieille terrasse trôs^baute, qui don* ikiit sur un p^t cbemid à traters blés. Ce petit
chemin me tentait. J'aurais voulu y sauter de làhaut. Hais c'était si loin, si profond. Je passais des heures sur ma terrasse, rouge, ému, à me dire: « Je sauterai, je ne sauterai pas.,. » Enfln, un jour, n'y tenant plus, je sautai, et je me fis grand mal. Mais c'est égall J'étais content^ et comme soulagé d'un poids énorme.
Il y a positivement un grand attrait dans le danger, et Ton est obligé de l'aimer, malgré tout. C'est une de ces fortes sensations qui vous fouettent, vous secouent, vous donnent à vous-même la mesure de os que vous pouvez faire, de ce que vous valez récitement.
L'homme qui vit tout au dedans de nous et qu'on ne voit presque jamais, le danger le fait sortir, le d^risonne. II brise les conventions bêtes de la vie, toutes ces barrières dont nous nous entourons; et lui seul, mieux qu'aucune République, établit nettement l'idée d'égalité, de fraternité, peut-être aussi parc« qu'il amène l'idée de mort. Jamais je n'ai va
autant de eordialité entre lès hommes, une expansion aussi complète qu'en face du danger. II semble qu'à la chaleur des mains serrées la flëvre du courage se communique; et Ton sent qu'on en a tant besoin I... C'est qa*il n'y a pas à dire, à cet attrait du danger se mêle toujours^ même chez leJ xAns braves^ un serrement de cœur, une appréhension, ce mouvemeat en arrière que je fis si souvent, penché sur la terrasse de mon parc et qui me rendait le saut plus tentant chaque fois. L'habitude seule peut vous débarrasser de ces crises de faiblesse; et encore l'habitude d'un danger ne vous bronze et ne vous rend fort que contre ce danger-là. En mer, par un gros temps, là où les matelots manœuvreront de sang-froid, habitués qu'ils sont au cri du vent, à l'effondrement des lames, un vieux troupier sorti de cent batailles pourra pâlir, frissonner, sans être un lâche pour cela. Lui, il est fait aux obus et aux balles. Il s'est habitué à l'idée de mourir étendu dans un champ, au rebord d un fossé ; mais mourir noyé, se débattre dans ce bouleversement d'écume, de flots verts!... Bu moins si on lui permettait de se mêler à la manœuvre, si on le mettait à une pompe^ à une amarre.
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' Non ! il fout tester là, sur le pont, iûûtile et ittmidtrite devant ce danger inconnu. C'est terrible.
JTen parlé petil-ètre comme nn mériâional que je suis, mais il me semble qn'ea s'agitint, ^n se démenant, en s'entonrant de gestes et de ()ar4rie^^ on a moins la sensation dn dËitigèr. L'offid^r qui conduit ses hommes an feu, la voit et Tëpëe bantes t « Avànièt donc N... D... D...1 ^ jn selon moi moins de pettie à être Iwave que le pauvre lignard, silencieux, automatique d^ns le YKfDg. fin iieconfon«nt se^ Sdldals, îl se reconforte lui-même.
Ohf 06 petit frisson, cette haleine dm danger ^1 tîenl^» ^uel est celui de nous qui ne Ta pas connu tme fois? Cela passe comme une ombre sur les vi^ges. En même temps les gestes s^affîrment, se raidissèM. On se tient, on est prêt. Attention, nonsy voîlài... C'est alons qu'il ftiit bon regarder autour de soi, et ^e le& eflfets du danger sont ctrrieux à observer. 8nr chacun il se traduit différemment. II y a des geas qni deviettnent imttdis^ qui seffiiblent ne plus pei-
voir retenir leurs paroles. D'autres, au conlraire^ serrent les dents^r se recueillent. Â côté de ceux qal rient nerveusement^ il y en a que cette gaité agace et qui trouvent que « c'est béte de rire comme ça... » A mesure que le danger approche^ les traits pàlis se serrent dans une concentration de tout Tëtre. Les yeux se dilatent, les voix changent de diapason. On entend des voix de tète, blanches^ blafardes, qui ont l'air de parler dans un cauchemar.
Mais ce ne sont pas seulement les êtres que le danger métamorphose. 11 y a dans son atmosphère comme une sonorité, un vide étonnants; tout vibre^ tout est sensible. Le paysage lui-même est atteint, changé, développé dans son côté mélancolique. En plein scdeil^ la sensation du danger donne tout à coup l'impression d'un demi-jour, d'un pàlissement de la lumière. Le ciel devient dramatique, la nature s'agrandit. Nous avons pu nous rendre compte de cela, nous tous qui au moment du siège nous sommes trouvés mêlés à quelque escarmouche aux environs de Paris. Cette campagne familière^ ces gares, ces bords de Seine ou de Marne dont les talus sont usés aux pieds des promeneurs, nous faisaient l'effet d'un
pays incoDOU, ou plutôt transfiguré. Les enseignes d^auberges avaient Tair sinistre. Et ce n'étaient pas seulement les barricades, les terrassements, les ponts rompus, les fossés de grand'garde qui donnaient une physionomie nouvelle à toutes ces choses. C'était l'atmosphère du danger.
Je me suis retrouvé l'autre jour dans un petit coin de Marne où j'avais eu, pendant la guerre, cinq minutes de vrai danger, de grande émotion. Les roseaux du bord de l'eau^ un mur blanc tout neuf, criblé de balles comme une plaque de tir, une gargote ruinée avec sa tonnelle en treillage^ garnie de vignes, tout cela m'était resté dans les yeux, gravé en une seconde par cette vision si vive des choses qu'on a dans le péril; et pourtant c'est à peine si j'ai reconnu Tendroit.
C'était bien toujours la même masure, le même petit mur blanc tout troué; mais il n'y avait plus de Saxons embusqués de l'autre côté de la Marne, et, le danger disparu, ce bord de l'eau qui m'avait paru si grand, si dramatique, ne m'a plus fait l'effet que d'un petit coin de paysage parisien, bien bourgeois, bien du dimanche.
Mes amis, vive le danger! Il n'y a rien de tel encore pour tremper les âmes. Si les plus forts ont un frisson à son approche, quelle merveilleuse chaleur il vous laisse au cœur en s'en allant. Après cet appel à toutes nos forces vives, quelle expansion, quelle délente de tout Tôtre. Comme on rit bien ! comme on est heureux de vivre! C'est la réaction d*un feu clair bien flambant après une route au grand froid.
Je ne Tai jamais si bien éprouvée, cette réaction délicieuse, qu'une après-midi de dimanche^ en entrant, dans le port de Bonifacio. Nous venions d'avoir deux jours de gros temps, un vent, une mer, des mâts casr ses, de l'eau plein la cale. C'était miracle de s'être tiré delà.
Aussi, comme il me parut beau ce petit port, qui tournait avec ses eaux dormantes entre d'immenses roches lisses et noires. Au fond, le quai plein de soleil, les maisons de la marine et une longue pente caillouteuse montant vers la ville. Tout en haut, une vieille église bâtie par les Templiers sur une large
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plateforme d'où Ton découvrait tout Thorizon. Nous arrivâmes là comme les vêpres finissaient... Il me sembla que de ma vie je n'avais respiré si largement. Ofi ne voyibit rien tout autour que la mer blanche d'écirme, les côtes de Sardaigne, le détroit flof.iant dans la grande lumière. Nous ratendiras le bru/^ des lames avec la surprise de n'en plus sentir la secousse; et le vent passait sur nos fêtes, toujours furieux et déchaîné, tandis que nous nous appuyions bien •tranquilles à la plateforme... Je n'oublierai jamais cette après-midi de dimanche, ni le ravissement singulier que j'éprouvai à écouter les litanies qu'une confrérie de vieilles Bonifadennes, enveloppées de mantes sombreS| récitaient en faisant le tour de Téglise, noires comme des hirondelles sur cet horizon bleu. Après le tumulte et l'émoi de la tempête, Téclaboussement des coups de mer, ce calme, ces chants, ce chaud soleil I... J'éprouvais comme un trop plein de joie, de vie, un élargissement de l'horizon, de tout mon être, l'adorable sensation du danger passé...