‹ Robert Helmont: études et paysagesChapitre 10 sur 37 · I H »IP · texte numérisé non relu

I H »IP

hmtnmè de mon peraoïmage êsmtïX la curiosité méfiante et questionneuse de Taubergiste, lorsqu'enfin Hatteo parut»

'^ L'homme est cbez moi, me âU4i en portant la màkt à son bonnet.. Si vons voulez veafr...

Dehors^ il faisait tréB«ncdr« Un grand vent d'orage apportait les lames an long de la edte, les secouait tdul entières ayeo un bmit lonid d'étoffes moniUées qui s'étalent en s'éclaboossant. Nous suivîmes pendant près d'noe liene un cbemifl ealllentenx, le lit d'vii torrent desséché plein de pierres arrondies qui se détachaient sous nos paB« Une végétation abon* dante, laissée par l'eau dlspime, envahissait la ]M»ute déjà si étroite ; des broussaillea, ^s lentisques, des touffes d'absinthe dont l'odeur amère se dégageait au fMlement de notre passage* Je me sentais en pleine Qorse sauvage*. «

--* Voilà ma maison, me dit Matteo en me montrant une petite lumière entre les branches^ clignotante v œmme vn ver-luisant un soir de tempête.

A: €6 moment un grand chien se dressa dans i'ombtfe devant nous avec des aboiements furieux. On eAt dilqtt'il voulait nous barrer le chemin.

ÉTODBS BT PÀTSAGia IM

^- Ici, Bnieeio, Brucoio I eiia le cousin, et so pe»' vhant vers moi : C'est le chien de Quastana. . . un anir mal terrible, qui n'a pas son paml poar monter lA gaide..é Làt là, mon Yîeux BnicGio.^. tu nous pntàds dMc pour des gendarmes?

L'émme bète se calma et vint soulBer dus Mf ïambes. C'était un beau terre-neuve à qui son peîi entièrement bkmc, laineux^ ëpaissement souleté, avait valacenomdeiru6ctâ(/ro]Bdâ|e&Aiiic)* Unous précéda aveode grosses gambades dans la maison de Matteo^ aneespècede buMeen pierres» percéeau toit d'ungrand tora servant 41a fois defenôireetde cheminée* Dent ODodhetlesde marine tenaient la plus grande ptaoe dtf

logiSft

Sur une table grossière, entourée de talx>uTets falis de taracs diarbres mal équarris et rugueux, un tôt»ciMo dans un chaad^er de bois éclairait tout d'une lamme haletanle où une foule d'insectes volant et erépitant venaient brûler leurs ailes*

Devant la table, une face fiae^ tannéCi rasée de p*^ cheur italien ou inrovençal, penchée sur un paquet dt ttrtes dans la fumée épaisse du tabac vert.^.

-* Cousin Quastana^ dit Matteo en entrant, voilà m

140 LR BANDIT QUASTANA

I — — .— 1*»^— — Il I " ' , ' ' -<— — —

de ces messieurs de la fonderie qui vient chasser demain avec moi... Il passera la nuit ici pour être dans le m&qais à la première heure.

On n'a pas été poursuivi, traqué trente ans de sa vie, sans qu'il vous en reste une habitude de méfiance. Les petits yeux noirs du bandit se plantèrent une seconde dans les miens. Âpres quoi, satisfait sans doute de son examen, il me fit un grand salul et ne E^'occupa plus de moi. D'ailleurs la partie de scopa les absorba bientôt, lui et le cousin... C'est bien un vrai jeu corse, cette scopa silencieuse^ en dessous, toute d'astuce et d'espionnage. Je regardais les deux joueurs, l'un en face de l'autre, s'épiant, se guettant, les cartes soigneusement cachées^ abaissées en éventail sur la t2â)le, puis relevées tout à coup, entrevuçs d'un regard rapide qui ne quittait pas l'adversaire. Le vieux Quastana surtout m'intéressait à observer. La lumière donnait en plein sur lui. Je reconnaissais la photographie que m'avait donnée le préfet, la vesle de cadis, les hautes guêtres de cuir bouclées au-dessus du genou. Seulement^ ce que la photographie n'avait pas pu rendre, c'était cette figure couleur de roche, le coup de feu du soleil sur une peau toujours

ÉTUDBS BT PATSAGBS 141

à Tair, la souplesse et la vivacité des mouvements, surprenantes chez un homme de cet âge ; puis la voix, cette voix rauque et gourde des gens qui vivent beaucoup seuls, et dont la parole s'embarrasse de toutes les rouilles du silence habituel... Le Matteo non plus ne manquait pas de tournure, assis tranquillement de l'autre côté de la table, en face de Thomme qu'il allait livrer. Pas le moindre trouble, la moindre hésitation. Je crois vraiment que le drôle avait oublié sa trahison pour ne songer qu*à sa partie, et que l'issue de la scopa le préoccupait bien plus que le résultat du guet-apens. Une heui*e ou deux se passèrent ainsi. J'avais de Ja peine à me tenir éveillé dans l'atmosphère étouffée de la cabane et les longs mutismes du jeu coupés d'exclamations monotones : « Déché settét... Déché ottoî... » De temps en temps le grand vent qu'il faisait dehors, un sursaut de la lampe, une dispute des joueurs me forçaient de rouvrir les yeux... Soudain un aboiement de Bruccio, sauvage, entêté comme un cri d'alarme, mit toute la cabane sur pieds. Le vieux ne fit qu'un bond jusqu'à la porte, sortit une minute, puis rentra précipitamment. — I pinsuH t... dit-il, et, sautant sur son fusil, il s'élança dehors comme un

dm. liatteo el moi nom étions eoeore debrat à boqs rilfarâer, qa'tme dizMûe de gei^raMB, la canMie u poings avaient envahi la maiscNi. — « Rendesfeus 1... » Et nous voilà renversés, fottillég, garrollés. Je veux me nommer, dire qui je suis. Personne ne a*éeoate. — « C'est bon, c'est bon. Vous vous expligueiez à Bastia. > On nousfoit sortir à coups de crosses. On nous bouscule dans la descente, les menottes au poing. Puis au bas de la côte, une voiture cellulaire qui attendait, botte inf&me sans air, dévorée de vtf mine, nous emporte an grand trot vers Bastia, au milieu d'une galopade de gendarmes et de sabres nus... Toui oet appareil de forces pour emflie- Bsr un ûonseiUer de préfecture!

11 était déjfà grand jour quand nous arrivÂnns à Bastia. Vous voyez d'ici le tableau de mon entrée dwis le greffe de la maisM d'arrêt, oà le procureur impérial, le colonel de gendarmerie^ le directeur ùe te prison attradiieBt avec impatienoo le résuilat de

P^péditioQ. Le plus étonné de tous fut encore le bri-gadier, qui m'amenait triomphalement, quand il vit ces messieurs s'empresser autour de moi, et le procureur impérial m'arracher les menottes lui-même» avec tontes sortes d'excuses.

—Comment! aest vous, monsieur le baron I... C'est ▼eus que ces imbéciles... Mais d'où vient cette méprise? Comment cela s'est-il fait?

Alors on s'expliqua. La veille dans la journée, le procureur impérial avait reçu une dépêche de Porto- Vecchio lui signalant la présence du bandit Quastana dans la localité de Solenzara, avec des détails si précis, si affirmatife. . .

Ce mot de Porto-Vecchio fut une révélation.

-^ Mais c'est votre substitut qui vous a envoyé celle 4épédie?

— Toot juste. G*est mon substitut. Un homme trësa^eux, très sûr (j'en savais quelque chose 1) et qui n'a pas dû m'envoyer ses renseignements à la légère... Mais vraiment, mon cher conseiller, qui aurait pu se douter que vous seriez en partie de chasse dans nos parages, et justement diez le cousin de notre bandit?... Enttn nous vous avons fait passer

144 LB BANDIT QUASTANÀ

. I I ■ .Il II II II I ■

une mauvaise nuit ; mais vous avez assez d'esprit pour ne pas m'en vouloir, et vous allez me le prouver en venant déjeuner avec moi... Brigadier, emmenez cet homme. On Tinterrogera plus tard.

Le malheureux Hatteo restait muet de stupeur; mais ses regards à mon adresse étaient toute une protestation. Je ne pouvais faire autrement que d'expliquer carrément les choses. Prenant donc le procureur à part, je lui avouai que le cousin de Quastana était un espion de la préfecture, qu'il avait projQiis de nous livrer le bandit, bref toute l'histoire. A mesure que je parlais, la figure du magistrat, tout à rheure si bienveillante, reprenait son masque de froideur judiciaire.

— J'en suis f&ché pour la préfecture, me dit-il d'un petit air sec... Mais je tiens le cousin de Quastana et je ne le l&cherai pas. Il passera en jugement avec deux ou trois bergers coupables d'avoir livré de la poudre et des vivres au bandit. 11 faut en finir

'avec ces connivences criminelles qui entravent l'action de la justice*. .

— Mais je vous répète, monsieur le procureur, que cet homme est une créature du préfet...

— Ehî c'est bien pour cela que je le garde, reprit le procureur impérial eu éclatant. Je veux une fois pour toutes donner une bonne leçon à l'administra- , tion et lui apprendre à ne pas se mêler de ce qui ne la regarde point... Comment I II n'y a qu'un bandit en Corse, un malheureux bandit, et vous vous acharnez à me l'enlever. Mais c'est mon gibier, ça 1 Voyons, monsieur le conseiller, vous qui êtes chasseur (ici un sourire à mon équipement), est-ce que c'est permis, ces choses-là?... Je l'avais pourtant dit à yotre préfet: c'est moi qui prendrai Quastana ou personne ne le prendra... Il s'entête. Eh bien! je vais loi jouer un tour de ma façon... Votre Matteo passera en justice. Naturellement il se réclamera de la prélecture ; et comme l'affaire fera du bruit, le bandit era désormais en garde contre son cousin et les chasseurs de grives de l'administration.

C'est qu'il le fit comme il disait^ ce diable d'homme. Un mois après, la préfecture était assignée. Nous voilà obligés^ le secrétaire général et moi, d'aller réclamer notre rçpion, de raconter mon aventure en plein tribunal. Vous pensez si l'auditoire s'amusait. Ce conseiller de préfecture, voyageant en voiture cellu-

146 hS. QAMDIT QUiL9TiKÀ

laire!... Bref Tadmimstratioa fut roulée sur toute la •ligpe. Qoaat à MatteOt le tribviul TacciniUsi omm à/d juste ; mais il ne pouvait plus nous être boa à riea, iziaintenaut que Quastaua était prévenu. II quitta le pays quelque teints apiès poiv eotrer, Goqojue ou disait là-^bas,, dans les ch^n^ins de fer. C'est le uom qiuî les Gcurses domioient ^ la police mji^ale. Pour ces pauvxes diable (ffX Q,'o9t jiàsm iru de voie feirrée^ cela cûostiUiait UAe adxniiustratipii i^c^ultQ, mistérieusÊ, et quand vous denuauliei dao3 tes faoûlks; « Qà e^ ALessaodri?.^ oA est Qastelica? » celle «époasf» uz^ peu vague iiapeawit ^ toute explication : a U ^st daus les cbiwtnft d* ièr««. i

Page 1