‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 10 sur 201 · AVANT-PROPOS XIII · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS XIII

traits d'hommes célèbres de l'époque révolutionnaire. R. Lindet est représenté de profil, l'arc de la bouche relevé par un sourire bienveillant : l'œil vif, le nez droit, les cheveux longs retroussés sur le sommet de la tête et retombant en tresse nouée par un ruban, à la mode ancienne, sur le col de l'habit. Si le portrait est dessiné d'après un croquis authentique, ce serait là le Lindet de 1791 ou de 1792, tandis que la lithographie représenterait mieux le membre du Comité de salut public et le ministre des finances de 1799. Mais, d'après quels croquis ces portraits ontils été dessinés? Quel en est l'auteur? C'est ce que nous ignorons et c'est ce qu'il faudrait connaître sûrement, pour se prononcer sur la valeur iconographique de ces documents.

La graphologie prétend trouver, dans la forme de l'écriture, des signes visibles du caractère et de l'esprit de Técrivain. S'il est prudent de ne point admettre les déductions souvent trop hasardées d'une science aussi conjecturale, on ne saurait nier, en principe, le lien mystérieux existant entre la pensée et le signe qui la traduit matériellement sur le papier. A ce point de vue spécial, on sera frappé de la netteté, de la régularité de cette écriture fine, droite, parfaitement claire, sans rature ni surcharge, et qui conservera ce même type, sans variation, jusqu'à la dernière vieillesse de son auteur. En feuilletant les manuscrits laissés par R. Lindet, je me sentais en communion intime avec l'œuvre d'un homme aux idées nettes, précises, exemptes de violence, mais inflexibles, avec un esprit à la conception prompte et nettement ordonnée dans les détails d'exécution. En publiant des spécimens de l'écriture de R. Lindet aux différentes époques de sa carrière mouvementée, j'ai cru fournir des documents de nature à faire pénétrer plus intimement le lecteur dans la personnalité de cet homme d'Etat.

C'est à mon vénéré maître et ami, Alfred Canel, ancien représentant du peuple en 1848, érudit et historien normand, dont j'ai été chargé d'assurer l'exécution des dernières volontés, — qu'est due la pensée première de ce livre. Il avait pour R. Lindet une admiration faite de fierté normande et de foi républicaine. Dupont (de l'Eure), son compagnon des luttes politiques de 1848, s'était trouvé en relations avec R. Lindet, et, sur la fin de sa carrière, avait mis au cœur de M. Canel un enthousiasme dont je retrouvais encore l'expression vivante dans les conversations intimes du vieux savant républicain de Pont-Audemer. Il se désolait surtout de n'avoir pu recueillir, pour sa bibliothèque normande qu'il a léguée à la ville, que quelques notes de

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