‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 121 sur 201 · ISOLEMENT DE R. LINDET 23 I · texte numérisé non relu

ISOLEMENT DE R. LINDET 23 I

absorbante par aucun plaisir mondain ni par aucune fréquentation des hommes en faveur. Il vivait absolument isolé, travaillait dans un local éloigné des salles où se tenaient les délibérations des comités \ ne fréquentait aucun cercle ou club et ne se fit affilier à aucune société populaire, pas même aux Jacobins.

Il fut, pendant Tan II, le grand intendant de la France civile et des armées. Il consacrait tout son temps à ses travaux, paraissant presque étranger aux factions qui s'agitaient autour de lui. Et cependant, les rivalités personnelles, le patriotisme exaspéré des masses avaient insensiblement poussé la Convention dans la voie de la Terreur. La tribune retentissait de cris de vengeance, d'appel aux poursuites contre les fédéralistes, les Hébertistes, les royalistes. Les députés en mission, surpris trop souvent dans leur bonne foi par des haines locales, cédant à des animosités particulières qui se cachaient sous le voile de l'intérêt public, lançaient parfois des mandats d'arrestation contre des innocents. Au milieu de ses travaux absorbants, R. Lindet fut tout à coup obligé de sortir de sa retraite pour intervenir en faveur de la municipalité de Couches, poursuivie à tort, comme fédéraliste, devant le tribunal révolutionnaire. C'est là un des faits les plus honorables de sa carrière politique et comme le couronnement de sa mission pacificatrice dans TOuest. Nous devons lui consacrer quelques développements.

I. Un arrêté du 19 frimaire an II (Âulard, Recueil, IX, 376), avait mis à la disposition de la Commission du commerce et des subsistances la maison Toulouse.

Page 1