‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 173 sur 201 · MÉMOIRES DE T. LINDET POUR SON FRERE · texte numérisé non relu

MÉMOIRES DE T. LINDET POUR SON FRERE

fait de logique et de bon sens, pour obtenir un acquittement général. Toutes les questions relatives à la conspiration furent résolues négativement, mais — ce qui revenait au môme pour Tapplication de la peine — le jury reconnaissait que, par des discours et des écrits, Babeuf, Darthé, Buonarotti, Germain, Cazin, Moroy, Blondeau, Menessier et Bouin avaient provoqué au rétablissement de la constitution de 1793. Pour les sept derniers, le jury avait admis des circonstances atténuantes qu'il avait refusées à Babeuf et à Darthé. Ceux-ci furent condamnés à mort, les sept autres à la déportation . Le surplus des accusés fut acquitté.

A la lecture du jugement, 7 prairial -26 mai 1797, Babeuf et Darthé se poignardèrent comme les martyrs de prairial dont ils avaient glorifié la mort. Ils se blessèrent horriblement, mais sans pouvoir se tuer. On laissa dans la plaie le couteau que Babeuf s'était plongé près du cœur de crainte qu'en l'arrachant, la vie ne s'échappât avec le sang.

Le lendemain, ils furent portés à l'échafaud et, avant de mourir, protestèrent de leur amour pour le peuple '.

L'opinion jugea sévèrement le verdict rendu et le Directoire sortit déconsidéré d'un procès où le ministre de la police avait joué uu assez triste rôle.

I . Voir sur Babeuf et son procès l'ouvrage de Victor Âdvielte, Babeuf, et l'article de M. Paul Robiquet : Uarrestation de Babeuf ^ lecture faite à la séance de la Société de Thistoire de la Révolution le 5 mars 1896. — La Révolution française^ 14 avril 1896. Cf. Ph. Buonarotti, Conspiration pour légalité^ dite de Babeuf Bruxelles, 1828, 2 vol. in-8*.

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