‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 180 sur 201 · ÉLECTIONS DE FLORÉAL AN VII · texte numérisé non relu

ÉLECTIONS DE FLORÉAL AN VII

rendu, qui sut s'attacher les Suisses, les Génois, qui ne voulait point de nations alliées, mais qui voulait partout des neutres, croyant bêtement que des alliés à défendre étaient une charge de plus et que des neutres étaient toujours utiles. Cet imbécile savait que Tesprit de conquête perdrait la France, parce que cet esprit ne convient qu'à des nations barbares et perd un peuple commerçant, industrieux et occupé de tous les arts de luxe : il ne croyait pas que Ton dût dénaturer son pays.

Il croit encore qu'il s*est fait beaucoup de bien dans un temps, qu'il y a eu la plus grande part, et dans beaucoup de parties, il a été le seul.

Il croit que la France serait heureuse si elle s'en tenait au bien qui se fît alors et pouvait le conserver, que tout ce qui a été fait depuis a été folie et barbarie.

On fit dans le même temps beaucoup de mal. Mais ce mal était voulu. Merlin, Reubell et Camot le voulaient et le faisaient, et ces gens-là étaient honorés.

Le mal dont la France se plaint était fait par ordre, au vu et au su de toute la Convention, et tous ses membres l'en félicitaient. L'habitué du café de Zug donna bien des exemples : il dédaignait de parler, il agissait et son exemple ne fut suivi de personne.

L'archiduc Charles et SouvarofF viennent de changer le cours des idées. On crie aujourd'hui contre Merlin, Reubel, etc. Eh bien. Madame, Merlin a toujours été ce qu'il est, un hachoir ; il n'a point changé, il s'est ressemblé tous les jours.

Ne songez pas. Madame, à cet habitué du café de Zug : il ne doit figurer en rien dans ce qui se fait et dans ce qui se fera.

Il n'y a rien de bien sublime dans cette dernière révolution. I^s malheurs de la France l'ont nécessitée. On a concerté avec Barras les moyens de renvoyer les directeurs et d'en nommer d'autres. Ceux qu'on vient de nommer mériteront notre reconnaissance s'ils font cesser les maux qui nous désolent et s'ils nous donnent la paix. Mais ils ne peuvent pas faire autrement : le cercle des folies est parcouru '.

« On trouvera à Paris tous les ministres possibles : il faut qu'on les y prenne », disait R. Lindet à la fin de la lettre qui précède. Il n'en fut pas moins appelé par Gohier au ministère des finances le 5 thermidor an VII (23 juillet 1799). Bernadotte entra à la guerre, où il représenta l'élément républicain '. Malheureusement Barras, « cet emblème vivant du chaos de vices, de passions, d'intérêts contraires que présentait la République mourante », s'était montré au Directoire le patron de tous les intrigants, débauchés, usuriers, fournisseurs malhonnêtes de Tarmée, bons à vendre à tous ceux qui voulaient les acheter et qui fourmillaient dans les bureaux de la guerre, des finances et les anti-

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