‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 58 sur 201 · Hist.parl.j · texte numérisé non relu

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2. Recueil des actes du Comité de salut public, AulsLTd, V, 188.

[1793] SON ENVOI DANS l'eURE AVEC DU ROY II7

gardes nationales assez mal armées de fusils de chasse, qui étaient accourues de Vernon,de Gisors et de Gaillon. Les Andelys apportèrent des cartouches. Rouen avait envoyé deux ou trois pièces de canon \

Le 8 juillet, le Comité de salut public écrivait au ministère de la guerre pour qu'il nommât de suite les généraux qui devaient aller dans l'Eure, et les fît partir sur-le-champ. Le môme jour, à la suite d'un rapport de Saint Just, — remarquable de modération, — la Convention déclarait traîtres à la patrie, Buzot, Barbaroux, Corsas, Lanjuinais, Salle, Louvet, Bergoeing, Biroteau, Petion, qui se sont soustraits au décret d'arrestation rendu contre eux le 2 juin, se sont mis en état de rébellion dans les départements de l'Eure et du Calvados, et disait qu'il y avait lieu à accusation contre Gensonné, Guadet, Vergniaud, MoUevaut et Gardien.

Enfin, le 9 juillet, les préparatifs paraissent terminés. Et comme les troupes du Calvados, accentuent davantage leurs mouvements, un membre du Comité de salut public * propose et la Convention décrète « que les citoyens Robert Lindet et Du Roy se transporteront sans délai dans le département de l'Eure pour y prendre toutes les mesures de sûreté générale qu'exigent les circonstances. Elle les investit à cet effet de tous les pouvoirs nécessaires à l'importance et au succès de leur mission ».

Les déclarations faites au sein du Comité, les principes qu'il avait exposés dans l'adresse du 26 juin dont il était l'auteur, devaient régler la conduite de Lindet dans sa mission. Le collaborateur qui lui était adjoint, comme lui Montagnard, comme lui enfant de Bernay, devait lui faciliter sa tâche. Grâce à leur entente cordiale, les deux conventionnels vont pouvoir étouffer dans l'Eure le germe d'une guerre civile dont le développement eût infailliblement amené la ruine de la République, et peut-être le rétablissement de la monarchie.

1. Lettre de Du Roy adressée au Conseil général du Calvados (Arch. de la ville de Caen). Bulletin des autorités constituées à Caen, p. 11. — « Le lendemain, 12, je me rendis à Vemon où il y avait pour toutes troupes quelques gardes nationales des communes du district des Ândelys, armées de piques et de quelques mauvais fusils de chasse, le bataillon de la gendarmerie à pied de Paris, quelques gendarmes à cheval, deux pièces de canon de quatre, quatre ou cinq petits pierriers, très peu de munitions : telles étaient nos dispositions militaires. Vous voyez qu'elles n'avaient rien de bien imposant. »

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