DÉTAIL DBS FORCES DÉPARTEMENTALES I I
venaient d'être arrêtés, confirmait ces soupçons. Esntie de La Vallée, venant de Rouen, était arrivé à Vernon rejoindre Du Roy et avait signé, avec son collègue, la lettre qui annonçait à la Convention la capture de ces deux soldats de l'armée calvadosienne '.
Il n'est pas sans intérêt de connaître le détail des forces départementales en présence desquelles allaient se trouver la petite armée parisienne et les gardes nationales restées fidèles à la Convention. Les districts du Calvados n'avaient pas mieux répondu que ceux de l'Eure à l'appel de V Assemblée centrale de re'sis^ tance à Voppressiony organisée à Caen dès le 3o juin. En vain, elle grossissait son journal officiel, le Bulletin de VAssemblée générale de résistance à V oppression, de lettres enthousiastes signalant partout la levée en masse des départements. Les contingents faisaient défaut ' ; et cependant, le 2 juillet, le général Wimpffen acceptait le commandement de Tarmée insurrectionnelle et, dans une proclamation adressée aux citoyens de Paris, prenait le titre de général en chef de V armée des côtes de Cherbourg et des forces armées départementales du nord et de l'ouest de la République française une et indivisible. Il annonçait sa marche sur Paris : « Je commande, disait-il, les Bretons et les Normands! » L'Assemblée insurrectionnelle lançait en même temps son manifeste aux citoyens français. Elle prévenait de la marche de l'armée départementale qui va en imposer aux factieux, par sa contenance ferme et tranquille, et rétablir la statue chancelante de la liberté. Les enrôlements, malgré tous les efforts des Girondins pour stimuler l'opinion publique, avaient atteint à Caen, lors d'une grande revue solennelle^ le chiffre de 17. On avait en vain chanté la Marseillaise des Normands, de Girey Dupré. Le 10 juillet pourtant un renfort inespéré était arrivé aux insurgés : c'était un bataillon levé en Normandie (le 8« du Calvados), au mois de mars précédent, commandé par Leroy, ancien député à l'Assemblée législative, et qui, dirigé sur Angers, avait déserté à l'instigation de son chef \ Wimpffen, connaissant