X AVANT-PROPOS
tion du 19 pluviôse, quand il réussit à obtenir de cette Assemblée le décret de surséance à toute poursuite vis-à-vis des citoyens mis en arrestation pour cause de fédéralisme.
Limité par son programme, M. Boivin-Champeaux n'a étudié R. Lindet qu'à l'occasion des événements dont le département de l'Eure a été le théâtre. Il devait laisser de côté les actes de R. Lindet à la Législative, au sein du Comité de salut public, à la Convention et sous le Directoire. De son côté, M. Davy, dans sa grande étude historique sur la Révolution, — malheureusement demeurée incomplète par suite de la mort de l'auteur, — juge le rôle politique de R. Lindet dans les faits généraux de rhistoire, sans s'attacher à suivre spécialement la carrière politique du député de Bernay.
C'est ainsi que le rôle de R. Lindet au sein du Comité de liquidation, dans l'Assemblée législative, puis dans la Convention, soit comme rédacteur de VActe énonciatif des crimes du roi^ et de la brochure : Attentats et crime de Louis , dernier roi des Français^ soit comme rapporteur au 10 mars 1793 du projet d'établissement du tribunal extraordinaire ; que ses immenses travaux au sein du Comité de salut public, que ses plans d'approvisionnement de la France et des armées, d'habillement pour les troupes, de charrois et de transports pour le ravitaillement des armées et des départements en état de disette, ses projets de réorganisation du commerce et de relèvement du crédit sont restés dans l'ombre jusqu'ici, faute peut-être de documents. Si le courage dont il fit preuve, d'abord le 19 pluviôse, en pleine Terreur, pour soustraire à la mort la municipalité de Couches et les fédéralistes normands, et ensuite le 2 germinal an III, en défendant les membres des anciens Comités de salut public et de sûreté générale, constitue un titre de gloire pour Lindet, faut-il passer sous silence sa polémique avec Eschassériauxet Boissy-d'Anglas qui, dans un intérêt de parti, essayaient de rejeter sur Tancienne commission des subsistances présidée et dirigée par Lindet, la responsabilité de la famine et du gaspillage des farines qui caractérisait la nouvelle organisation thermidorienne ? N'est-il pas utile de mettre en lumière la guerre acharnée qu'il fit aux agioteurs d'assignats, aux spéculateurs de toute sorte, de signaler son Essai sur le Crédit public^ ses lettres sur les finances dans VAmi des lois^ et ses vigoureuses protestations contre les projets de banque soutenus par Dupont (de Nemours) et Lecouteulx de Canteleu ?
Il justifiera dans ces écrits la politique financière que les évé-