Journal de Rouen du 1 1 septembre
2. Àrch. Calvados, liasse Fédéralisme, série L. Le double de cette liste existe aussi dans les papiers de R. Lindet.
3. Voici la liste des mandats d'arrêt qui fut dressée par Lindet, et dont le brouillon existe dans ses papiers conservés par sa famille.
Levêque, président de l'administra- Beaumier, résident de Caen où il
tion du département du Calvados. s'est rendu en partant de Paris.
Meriel, administrateur. Carpentier, professeur.
Lenormand, administrateur. Marie, notable.
Bougon, procureur syndic. Chaix d'Est Ange, curé de St-Etienne.
Laberge, commis au bureau de la Barbet l'aîné, greffier du tribunal de
guerre. commerce.
Fauconnier le jeune, secrétaire du Gohier de Jumilly, curé de Saintprocureur général syndic. Jean.
Lequesne, président du district, Massieu, banquier,
membre du Comité central. Lacouture, brasseur, chef du 3* ba-
Louis Caille, procureur syndic du taillon.
district. Legris, quartier mattre, journaliste
Besnard, secrétaire du P. S. du Calvados.
Maubant, commissaire national. Guilbert, capitaine.
Dubosc, président du tribunal cri- Laplanche, apothicaire (arrêté du
minel. 3o octobre).
Picquot, accusateur public. La Rue, adjudant général.
recherches n'eurent point ce caractère de rigueur extrême dont parle Vaultier ; ce qu'il est plus exact de dire, c'est que la société populaire, enhardie par les tendances bienveillantes de Lindet, essaya à plusieurs reprises de l'amener à demander une amnistie complète pour les citoyens compromis.
Le 19 août, à cette même Société populaire, sur la proposition de Darché, rédacteur en chef du Journal de Vannée des côtes de Cherbourg^ avait été adoptée une adresse à la Convention dans laquelle on réclamait « justice pour les opprimés, compassion pour les égarés, mépris pour les lâches, et châtiment pour les traîtres ». On y vantait le patriotisme de la ville de Caen, l'acceptation par elle de l'acte constitutionnel : ce Quant aux grands conspirateurs, les uns sont surveillés, d'autres sont cachés, la fuite a dissipé le reste. » Un mois plus tard, à la suite des arrestations du mois de septembre Lindet se rend à la Société populaire (séance du i5), pour y répondre à une députation de la Société qui était venue le solliciter en faveur des citoyens mis en état d'arrestation, ce Lindet développa avec force les motifs qui avaient déterminé la Convention à connaître les ramifications de cette conjuration tramée contre la représentation nationale, et dont la réussite était la ruine de la liberté et le rétablissement du despotisme en France. Il démontra clairement que les administrateurs du Calvados, loin d'avoir été égarés, comme on voulait le donner à entendre, avaient, au contraire, fait tous leurs efforts pour entraîner leurs administrés dans la ligue qu'ils avaient formée de concert avec les conspirateurs de la Convention. Il rappela l'oppression des habitants de la ville de Caen dans le temps qu'on les forçait à marcher sur Paris. L'orateur dit que ces administrateurs devaient rendre compte de leur conduite à
Victor FëroD, adjudant du fort de officier municipal et aide de camp
Granville. de Wimpffsn.
Bonvoisin, médecin. Le curé de Satnt-Âignan de Cro-
Duhamel, capitaine de la gendar- mesnil.
merie. Diilaye, curé de Bretteville-rOr-
De Beaudre, ex-chanoine. guei lieuse.
Serent, de Falaise. Alexandre Puisaye, chef d'escadron
Bourdon, gendarme. des dragons de la Manche.
Legrand. Burey Talné.
Mauger, professeur, ex-bénédictin. Dudos-Goupil^ maire de Caen.
Duhamel de Falaise, ex-prémontré, Faye, canonnier.
On voit que, de ces individus, un certain nombre ne figure pas sur la liste des détenus publiée plus haut.
[179^] ARRESTATION DES ADMINISTRATEURS INSURGÉS IqS
la Convention : que c^était à la Convention qu'il appartenait de juger les coupables et de décider sur leur sort. Il engagea les habitants de Caen à s'en rapporter à ceux qui sont chargés de l'autorité souveraine... »
Tout en laissant entrevoir l'espoir dans la clémence et la justice de la Convention, Lindet refusa toujours de s'engager à demander une amnistie pour les citoyens compromis. Céder à une pareille tentation, c'était attirer l'attention sur les accusés et provoquer des mesures terribles. Il était plus sage et plus politique de temporiser, d'attendre une époque d'apaisement dans les esprits permettant de distinguer entre Terreur et le crime politique.
Lindet essayait d'agir sur l'opinion publique, non pas seulement par ses discours à la Société populaire, aux séances de laquelle il assistait dans les circonstances graves, mais aussi par ses proclamations, et enfin par les articles du Journal de Vannée des côtes de Cherbourg et par des communications officieuses au Journal de Rouen et aux journaux de Caen.
«c La Convention nationale avait porté, dit Lindet, des décrets d'accusation contre plusieurs citoyens du Calvados : quelquesuns étaient en état d'arrestation. Lorsque les placards séditieux se multipliaient, que les troupes étaient travaillées avec plus d'activité, je pensais à faire transférer les détenus dans les maisons d'arrêt de Paris : je le demandais au Comité de salut public. Lorsque le calme était rétabli, je cessais de parler de translation, et je pensais qu'il ne convenait pas que cette translation se fit avant que les représentants du peuple fussent en état de rendre compte à la Convention nationale de leur mission '.
Aucun des députés fugitifs ne fut arrêté ; à diverses reprises, on demanda à Lindet de venir dans le district de Falaise, ce qui eut amené infailliblement l'arrestation de Henry Larivière, député Girondin, dont on connaissait la retraite : il se garda bien de faire le voyage *.
Les membres d'un comité de surveillance d'une commune des environs de Pont-Lévêque vinrent dénoncer leur maire et demander sa destitution. Le fait était plus grave que les dénon-