‹ Robert Lindet, député à l'Assemblée législative et à la Convention, membre du Comité de salut public, ministre des financesChapitre 98 sur 201 · Discours de germinal, p · texte numérisé non relu

Discours de germinal, p

2. Un arrêté des représentants du 19 octobre autorise le citoyen David Faucillon, lieutenant de la garde nationale à Falaise, à faire des recherches pour arrêter Henry Lanvière, député, et les personnes qui se trouveraient avec lui (Registre des arrêtés des représentants du peuple, série L, reg. 89) .

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dateurs le supposaient. R. Lindet leur dit : « Si je destitue votre maire, il faut que je prenne un arrêté motivé. Je ne pourrai pas ensuite me dispenser de faire exécuter la loi. Faites qu'il donne sa démission et qu'il répare, autant qu'il est en lui, les torts que vous lui attribuez \ »

Wimpffen et Bougon Longrais ne furent pas même arrêtés : Pun était demeuré à Bayeux, l'autre à Ranville, aux environs de Caen. Lindet se rendit à Bayeux et ne découvrit pas Wimpffen : en revanche, il laissa la colère du peuple se manifester autour d'un autodafé qui consuma, sur la place, les lauriers et la couronne civique dont Wimpffen avait été honoré pour sa belle défense de Thionville. C'était Xavier Audouin, ancien vicaire de Saint-Thomas-d'Aquin, gendre du maire de Paris Pache, adjoint au ministre de la guerre, que nous avons vu à Évreux, mettre le feu au bûcher destiné à brûler Buzot en effigie, qui organisa et exécuta ce brûlement. Cet ex-prêtre semble ainsi avoir eu la spécialité de ces autodafés qui sont comme un ressouvenir des anciennes férocités de la justice ecclésiastique. Malgré sa modération naturelle et son aversion pour ces démonstrations théâtrales, Lindet devait compter avec les pratiques, les usages de son temps, et les passions populaires de cette époque \

Les administrateurs qui avaient suivi à Évreux l'avant garde insurrectionnelle ne furent ^ pendant le séjour de Lindet dans le Calvados, l'objet d'aucune inquisition sérieuse et permanente. « La police exigeait les soins les plus actifs, dit Lindet, dans son discours du 2 germinal (p. 49). Je savais que plusieurs citoyens frappés de décrets d'accusation étaient cachés dans le district et dans la commune même de Caen; qu'un grand nombre de citoyens s'intéressait vivement pour eux. Plusieurs de ces citoyens

I. Note de M. Bodin, gendre de R. Lindet (papiers R. Lindet).

3. Après la réorganisation de la municipalité de Bayeux ordonnée par les représentants, les nouveaux officiers municipaux ne crurent pouvoir mieux témoigner leur zèle républicain, qu'en procédant au brûlement des titres féodaux. Le 4 octobre, la municipalité envoie aux représentants à Caen le texte du discours prononcé à cette occasion par le maire. Elle annonce « qu'elle a cru devoir signaler son installation par l'anéantissement des titres aussi vains qu'orgueilleux sur lesquels Taristocratie avait cru fonder ses prétendus droits inaliénables et imprescriptibles. Résultat : le feu en a dévoré six charretées énormes. Bien entendu, la joie fiit pure et sincère ». La lettre se termine ainsi : « Puissent toutes les villes imiter notre exemple et seconder les travaux de nos imperturbables représentants montagnards ! » Arch. du Calvados. État des lettres reçues par les rcpr. du peuple. L. 87 reg.

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