‹ Robert-Macaire; drame burlesque en quatre actes, prIecédé de L'auberge des adrets; prologue en deux parties de MM. Benjamin Antier, St. Amand, Frédérick-Lemaitre et Paulyante [pseud.] RemaniéChapitre 39 sur 87 · MACAIRE, BERTRAND · texte numérisé non relu

MACAIRE, BERTRAND

A peine Jacquot est-i! sorti qu'on voit s'ouvrir vivement la fenêtre. Bertrand et Macaire tiennent chacun un des battants de la fenêtre. Ils sont élégamment vêtus en costumes parlementaires du temps de Louis-Philippe, gilet à grands revers, etc.

BERTRAND, poliment.

Après toi... je t'en prie...

MACAIRE, le poussant.

Mais passe donc, imbécile ! On va nous voir ! Il y a un tas de monde sur la grande route

BERTRAND, en scène.

Quelle logique !

MACAIRE

Dis : quel génie !

BERTRAND

Quel génie!

MACAIRE

C'est bien!... Mais tâche donc, mon pauvre Bertrand, rebut de la nature par l'intelligence, de faire moins de sottises ! Sans moi, nous tombions encore hier entre les mains de nos ennemis... les gendarmes!

BERTRAND, protestant.

Ça... ce n'était pas de ma faute !

84 ROBERT-MACAIRB

MACAIRE, furieux.

Pas de ta faute ?

BERTRAND, suppliant.

Si!... Si!... .

Gomment, au moment où le baron de Wormspire en traversant le petit bois, s'eflbrçait d'ouvrir sa malle.

BERTRAND

11 avait perdu la clé...

MACAIRE

Tu oses, sous Toeil velouté de la belle Eloa et sous celui vigilant de la maréchaussée, ollrir de lui venir en aide... Et comment?

BERTRAND

En lui proposant d'ouvrir sa senurc.

MACAIRE, indigné.

Avec un rossignol !...

BERTRAND, simplement.

N'est-ce pas tout naturel?... Un rossignol... Dans une forêt!

MACAIRE

J'ai cru prudent de décamper 1

BERTRAND

Décamparerl

MACAIRE

Par bonheur, la Providence nous a fait rencontrer sur la route deux fashionables.

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