ACTE DEUXIÈME
BERTR.AND.
C'est pour ça !
M™^ POTDEVIN.
Il est aussi très comme il faut, celui-là.
BERTRAND
Tel que vous me voyez, messieurs, je descends des croisés!
MAC A IRE, à part, montrant la fenêtre.
Allons bon ! il fait des aveux !
BERTRAND
Je ixiis dire que j'ai consacré ma vie, et quand je dis ma vie, ce n'est pas quelques jours, quelques mois comme ceux qui viennent ici pour tromper le peuple. C'est ma vie, ma vie tout entière, ma vie depuis mon premier vagissement enfantin, dans les bras de ma bonne et sainte mère... Oui, ma mère était une bonne et sainte femme, et mon père aussi... Car la famille, messieurs, et citoyens, tout est là, et le philosophe l'a bien dit: périssent les colonies plutôt qu'un principe ! Lequel d'entre vous messieurs les citoyens, n'a pas eu de base, n"a pas eu de famille? Vous tous qui m'écoutez, estce que vous n'avez pas une femme? Oui, vous en ave.zau moins une ; ceux qui sont mariés, bien entendu, tandis que les autres en ont plusieurs. Ce n'est plus là la famille, ce n'est plus là cette sainte et digne base! J'en étais-là, n'est-ce pas? Mais je ne veux pas abuser de vos précieux instants... On vient de me demander mon opinion sur le divorce !
Mme POTDEVIN.
Pardon ! Personne ne vous a demandé ça...
BERTRAND
Si... si... j'ai bien entendu! EL je vais y répondre! J'ai pour habitude d'aborder de front toutes les-.questions, et c'est surtout de front que j'aborderai celle du divorce. Sur cette question, messieurs, mon opinion est toute faite, et ce ne sont pas vos insultes qui m'en feront démordre. Quand une opinion est toute faite, il n'y a rien à dire! Voici ma conviction à propos du divorce. L'agriculture manque de bras, c'est un fait, ne dites pas non, elle en manque ! Ah ! tenez, tenez, messieurs!
GIGONNET
Citoyens !
BERTRAND
Messieurs les citoyens ! Je ne viens pas dans cette tribune pour vous induire en erreur. Donc, je me résume! Le futur, citoyens, tout est là, car, qu'est-ce que le passé, c'est ce qui a été ! Ce qui a été, c'est ce qui n'est plus, vous ne le voyez plus... (Il chipe la sonnette) n'est-ce pas ?... Donc, n'en parlons plus! Et je termine comme mon honorableadvorsaire par ce cri de liberté qui s'échappe de mes entrailles: En avant! En avant! Toujours en avant!
TOUS
Bravo ! Bravo !