‹ Robert Owen, 1771-1858Chapitre 104 sur 113 · Crisis, vol. III, p. 42, 12 octobre i · texte numérisé non relu

Crisis, vol. III, p. 42, 12 octobre i

ment morale menée par des hommes sobres, travailleurs et intelligents qui, indignés de l'injustice que présente l'organisation actuelle de la société, sont déterminés à revendiquer les droits justes et naturels de ceux à qui la société doit tout son bienêtre et toutes ses jouissances. Je veux donner une courte exquisse des transformations qui sont proches et qui arriveront soudainement dans la société comme un voleur dans la nuit. » Toute la classe ouvrière doit être comprise dans une grande organisation qui mette fin à la concurrence individualiste : toutes les industries doivent être gérées par des Compagnies nationales : « Nous aurons conservé tous les avantages à la fois de la division du travail et de l'union. Chaque industrie formera une association de loges ; dans chaque profession, tous les individus deviendront membres de la loge communale. . . Les loges communales se réuniront chaque semaine et choisiront des délégués pour former les loges de comté qui auront des réunions mensuelles et nommeront des délégués aux loges provinciales. Celles-ci enverront des délégués aux grands congrès nationaux siégeant probablement à Londres. Les petits métiers seront groupés en organisations semblables, par exemple tous les ouvriers du vêtement s'uniront, pour former une compagnie, aux tailleurs, cordonniers, chapeliers, modistes et couturiers. » Il n'y aura plus

aucun secret industriel ; tous les renseignements, relatifs au coût et au profit, seront communiqués au public par la Gazette de la Grande Union des classes productrices, et, le 0 octobre, Owen termine son discours par cette déclaration : « Les temps sont proches où il sera considéré comme honteux de ne pas appartenir à l'une ou à l'autre des classes productrices, et la génération qui va naître n'aura pas de plus haute ambition que de produire quelque chose d'utile à la société : il n'y aura bientôt plus que les fous qui combattront une transformation si favorable aux intérêts de l'humanité. » Le 9 octobre, Owen complétait cet exposé du socialisme corporatif en disant : « Les Trades- Unions seront bientôt, grâce à leur influence, la toute-puissance réelle du pays... Elles ont compris que la concurrence était la cause principale et immédiate de la pauvreté et de la misère... C'est pourquoi elles sont prêles à former des compagnies nationales de production : chaque industrie constituera une grande compagnie, comprenant tous les individus occupés dans la profession, sera unie à toutes les autres compagnies par un lien général d'intérêt et échangera avec elles ses produits daprès l'équitable principe de léchange du travail contre une égale valeur de travail '. ))

I. Oisii. vol. m, p. 63, ii| (Klol)re iSSIi, discours prononcé

300 LES TEiMFS SONT PROCHES

Au commencement de i83/4, la Grande Union nationale consolidée des métiers existe et voilà Owen un moment presque entraîné à faire du socialisme de lutte de classe. L agitation syndicaliste, ({ui accompagne cette gigantesque mais fragile création, pénètre jusque dans les milieux agricoles, éveille le prolétariat rural et groupe même un certain nombre de loges de femmes. De nombreuses grèves éclatent, rigoureusement réprimées, et la condamnation des six journaliers agricoles de- Dorchester (mars i834) donne à la Grande Union consolidée des métiers roccasion d'organiser, dernière manifestation de sa puissance éphémère, une procession qui comprend de 3o ooo à looooo personnes (21 octobre iSS/j). Ce grand effort prématuré de concentration syndicale était destiné à échouer et déjà, dès le mois d'août i83/i, l'esprit delà Grande Union consolidée des métiers s'était transformé ; celle-ci cessait d'être une organisation de combat et changeait son nom en celui d'Association consolidée anglaise et étrangère de f Industrie, de VUmnanilé et de la Science. On proposait à la nouvelle association, non plus des fins de lutte de classe, mais

au Congrès général des délégués des coopératives et Trades-Unions au local de l'Equitable Banque d'Echange. Du reste, la Grande Union nationale paraît avoir été exclusivement une organisation tie lutte sans essai tians le sens d'une organisation <le la production.

LE TRAVAIL SdURCK ET MESURE DE LA VALEUR 301

des fins de paix sociale : « Les employeurs et employés ayant piécisément le même intérêt, il convient de prendre des mesures destinées à créer des rapports amicaux entre propriétaires et cultivateurs du sol. entre industriels et artisans de toute sorte ; de réconcilier patrons et ouvriers ; de leur faire comprendre leurs intérêts communs et de remplacer le principe de concurrence individualiste par celui d'union et d'assistance mutuelle'. » Le même numéro du 20 août i83/i annonçait la fin de la Crisis, la publication du journal 77ie New moral World et l'avènement d'un Nouveau Monde moral.

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