‹ Robert Owen, 1771-1858Chapitre 22 sur 113 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

On a dit dOwen qu'il n'avait jamais eu qu'une idée ; lui-même reconnaît dans son autobiographie qu il était l'homme d'un principe fondamental appliqué dans toutes ses conséquences. Et, en effet, si l'on consulte l'un quelconque de ses ouvrages, ses brochures, ses discours, ses rapports ou les journaux publiés sous son inspiration, on peut être sûr d'y rencontrer, leit motiv invariable, sa fameuse théorie de la formation du caractère par les circonstances extérieures. La même phrase revient éternellement sur ses lèvres ou sous sa plume : « Le caractère de l'homme est un produit dont il n'est que la matière première. » Toute sa vie, sous des formes diverses et le plus souvent sous la môme forme, Robert Owen a inlassablement répété la même pensée qui était l'idée centrale de sa philosophie morale et sociale, on peut même dire

Edouard Dolliîans. 6

son idée fixe. Dès son arrivée à New-Lanark, en 1800, la théorie des circonstances va être le principe directeur de sa conduite vis-à-vis de son personnel, et, en 1857, dans son autobiographie il s'écrie* : « Une fois pour toutes, maintenant que j'approche de mes cjuatre-vingtsix ans, après avoir acquis une grande et extraordinaire expérience, après une vie passée dans de nombreux pays, au milieu de toutes les classes de la société, de tous les credos et parmi des hommes de toutes les couleurs, je veux encore affirmer cette conviction, fortement imprimée dans mon esprit : en dehors d'une transformation radicale dans les principes et dans la pratique de la race humaine, tous les pauvres petits projets de réforme des différents partis politiques et religieux ne sont pas seulement sans valeur, mais font obstacle à la réalisation immédiate de la bonté, de la sagesse et du bonheur dans l'univers. ))

Pendant près de 60 ans, Owen s'est donné pour mission de combattre une erreur qu'il dénonce comme l'erreur fondamentale : la croyance à la liberté et à la responsabilité humaines. Gomme il l'a dit^ la grande affaire de sa vie fut

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