Autobiographie, p
•j. Autobiographie, p. ^5 : « Ce devint la grande affaire de ma vie que d'entreprendre de convaincre tous ceux avec qui j'entrais
de détruire, dans l'esprit de tous ceux qu'il rencontrait, la conviction que les hommes sont maîtres de leurs vertus et de leurs vices et par conséquent responsables de leurs actions et de leurs caractères devant Dieu et devant les hommes. C'est selon lui de cette erreur fondamentale que sont nés tous les maux dont souffre l'espèce humaine.
La nature humaine subit passivement l'inlluence toute-puissante des circonstances extérieures : les caractères sont le produit de la nature et de la société ; la nature est bonne et la société est mauA aise ; le mal est dans les institutions et non dans l'homme ; toutes les misères et souffrances sociales viennent de la façon dont Ihomme se gouverne et dont il est gouverné.
Puisque les caractères sont le produit du milieu social, c'est le milieu social qu'il faut modifier si l'on veut améliorer l'existence humaine. La société est mal faite et repose sur des fondements irrationnels, contraires aux lois de nature ; mais il serait aisé pour un habile
eu relations des conséquences désastreuses de cette erreur fatale à l'espèce humaine, et de leur montrer que c'était elle qui avait créé le crime et la misère, tandis que sans elle l'ignorance, le crime et la misère seraient inconnus dans le monde. Les maux dont cette erreur est la cause étaient toujours présents à mon esprit et je pris l'habitude de la combattre toujours et partout, sous toutes ses formes et dans tous ses mauvais effets. »
architecte de la reconstruire selon le j)lan tracé par la nature et dicté par la raison. Au système irrationnel existant, il faut substituer un système radicalement nouveau, le Système rationnel de société : a La nature, dit OAven, nous avait donné un sol capable de produire en abondance tout ce que Tliomme désire le plus ; dans notre ignorance nous avons planté l'épine au lieu de la vigne ' . » La nature humaine est une pâte malléable façonnée par les circonstances extérieures ; les institutions sont responsables de la malfaçon des caractères ; il suffît donc d'agir sur les circonstances extérieures et sur les institutions pour faire de l'homme un être bon, sage, heureux, utile à ses semblables, et de la vie sociale un paradis terrestre ^ : « Le contrôle des circonstances extérieures peut amener les hommes à produire dans le monde facilement et sûrement un bien ou un mal universel^. » De toutes les circonstances extérieures qui forment l'homme la plus puissante est l'éducation : « Des principes aussi certains que ceux des mathématiques peuvent être appliqués
1. Happorl au comté de Lanark, 1820. Siipplénicnt au i'"'' volume <le l;i vie de R. Owen. — Volume I. A. Londres, i858. Appendice S, p. 3o8.