I. Rapport cité, p. gS
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perd pas de temps en se mettant au travail ni à la fin de la journée. Cette productivité accrue s'explique par le grand désir qu'ont les ouvriers de remplir leur devoir avec conscience et de parer à toute perte supposée dont les propriétaires pourraient soufirir par suite des améliorations apportées à la situation de leur personnel : une telle conduite vis-à-vis des ouvriers a pour effet de les rendre plus consciencieux et d'en obtenir plus qu'auparavant. » Cependant on insiste encore pour le mettre en contradiction avec luimême: (( Si la rapidité de la machine n"a pas été augmentée, comment pouvez-vous estimer que le produit par broche diffère de la proportion qui devrait résulter de la différence des heures de travail .►* — J'ai déjà essayé d'en expliquer les raisons. En outre je puis vous donner un état comparatif de la quantité produite et du prix do revient, état que j'ai fait dresser par un commis depuis longtemps accoutumé à ces sortes de calculs. D'après le compte rendu de l'état journalier des quantités produites, il résulte que la moyenne hebdomadaire a toujours été à peu près la même sauf un accroissement graduel depuis le premier jusqu'au dernier'. — Vos ouvriers,
I. Rapport cité, p. 94 et 95 : « Vous filez à l'heure actuelle la même quantité de fil qu'auparavant ? — Oui. — ^'ous voulez dire
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qui travaillent aux pièces, ont subi une diminution de salaire? — Ceux qui travaillent aux pièces supportent une légère diminution, mais inférieure à la diminution du temps de travail ; car leur production actuelle dépasse leur productivité antérieure... Ils sont si satisfaits de la réforme, malgré la diminution de salaire, qu'ils ont adressé à la Chambre des communes une pétition demandant que leurs camarades puissent profiter des mêmes avantages. »
Malgré les efforts d'Owen, le bill qui passe en 1819 est très différent du projet primitif. Celuici interdisait lemploi des enfants au-dessous de dix ans et assurait le respect de cette prescription en imposant la preuve de l'âge par le registre de baptême ou autrement*. L'act de 1819 fixe simplement la limite d'âge à neuf ans. Entre dix el dix-huit ans, OAven limitait à 10 heures 1/2 par jour la journée de travail maximum tandis que le bill l'élève à 1 2 heures " et abaisse à seize ans la limite d'âge. D'après le projet d'Owen des inspecteurs spéciaux devaient être nommés et
que vous avez fabriqué à peu près la même quantité en un nombre d'heures de travail moindre qu'aup;iravant ? — J'ai dit: non que la quantité est égale, mais qu'elle est bien supérieure à celle qui devrait résulter de la différence de temps, n
i. M. Owen's Bill, etc., cit. p. aS.
J.. Douze heures sans compter les repas.
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payés à l'elTel d'assurer rexécutioii de la loi ; Tact au contraire, malgré l'expérionce antérieure, laisse ce soin aux justices de paix. Enfin, tandis qu'Owen avait voulu soumettre à la loi toutes les fabriques occupant plus de 20 personnes, Tact de 18 19 ne prend en considération que les fabriques de coton. Malgré cet échec partiel, Owen était parvenu le premier à faire inscrire dans la législation anglaise le principe de la limitation des heures de travail. Ses efforts dans cette voie ne devaient pas se borner là ; il devait prendre une part active au mouvement de 10 heures qui aboutit à Tact de 1847.
L'activité dOwen durant cette période n'a pas été absorbée par les discussions de la commission d'enquête sur la situation des enfants employés dans les manufactures. Pendant les années 1816, 181 7, 1818, sa vie a été marquée par d'autres événements importants : sa participation aux travaux de la commission d'enquête sur la situation économique (1816-1817), sa déclaration d'indépendance religieuse (1817), son voyage en Europe et son mémoire aux souverains d'Aix-la- Chapelle (1818). Il est nécessaire de résumer brièvement ces événements qui manifestent la confiance d'Owen en la toute-puissance de la vérité et de la raison et sa foi en la vertu réformatrice des gouvernements.
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Une crise économique, accompagnée de ses signes habituels, baisse des prix, surproduction, arrêt du travail et chômage de nombreux ouvriers, avait suivi la paix avec la France. Dans le but de rechercher les causes de la crise et les remèdes qu'on pouvait y apporter, une commission d'enquête s'était formée qui comprenait des hommes politiques, des économistes et des hommes d'affaires. Dès la première réunion, l'archevêque de Gantorbéry, qui présidait, pria Owen d'apporter à la commission le concours de son expérience. Le bon patron de New-Lanark fut amené ainsi à prendre la parole pour exposer les deux causes principales qui selon lui expliquaient la situation économique. La guerre avait créé une demande et une hausse de prix artificielles, bientôt suivies d'une crise de surproduction et de sous-consommation : le développement du machinisme, qui avait marqué le dernier quart de siècle, avait eu pour résultat une diminution dans la demande et la valeur du travail'. A la suite de ce discours, la commission chargea Owen de rédiger un rapport sur les remèdes à apporter à la crise économique. Ce rapport au Comité de l'association pour le sou-
I. Aulobioijraphie, p. I3(i, 125. Owen évalue que la puissance productive du nouveau machinisme est égale, dans la seule filature de coton, au travail de 8o millions d'hommes et, dans les industries textiles, à celui de 200 millions.
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lagemcnt des ouvriers des manufactures et travailleurs pauvres (mars 1817) fut adressé à la commission des lois des pauvres de la Chambre des communes qui refusa de le prendre en considération. Ce rapport se rattache au chapitre suivant et à l'exposé des idées d'Owen sur la réforme sociale.
Un autre événement mérite d'être mentionné ici : la déclaration solennelle d'indépendance religieuse qu'Owen ht en août 1(817. Dans son autobiographie ' Owen annonce avec emphase le récit de cette déclaration publique qu'il considère comme l'acte le plus important de sa vie : « J'ai maintenant, dit-il, à raconter certains actes de ma vie publique, qui attirèrent laltention du monde civilisé, alarmèrent les gouvernements, étonnèrent les sectes religieuses de toutes dénominations et créèrent dans toutes les classes de la société une agitation quasi-révolutionnaire. Un filateur dune culture moyenne annonçait publiquement au monde un système de société nouveau et inconnu. C était là un événement sans précédent dans les annales de l'histoire, événement qui a eu pour résultat de jeter dans la société un ferment nouveau destiné à régénérer l'esprit humain, à lui donner une vie nouvelle, à changer