‹ Robespierre et les femmes: d'après des documents nouveaux et des piècesChapitre 1 sur 49 · PARIS ALBIN MICHEL, ÉDITEUR · texte numérisé non relu

PARIS ALBIN MICHEL, ÉDITEUR

10, RUE DE l'université, lO

la sévère mélancolie des vieilles pierres d'Arras,

la molle el languissante beauté de P Artois,

Fombre des chênes séculaires d*Ermenonville^

aux

ruines de FErmitage de Jean-Jacques y

où

ces pages furent écrites.

Voici, abordée pour la première fois dans tous ses détails, la vie sentimentale et amoureuse de Maximilien de Robespierre. On peut se demander pour quelle raison cette étude ne fut pas déjà tentée, et si une explication à cet égard est possible, c'est dans la vie politique de Tavocat d'Arras qu'il la faut chercher.

L'homme de la Terreur, du Salut Public, effaça en lui le jeune homme de naguère, le sentimental et le sensible.

Ce Robespierre-là est inattendu, à peine soupçonné malgré le nombre des témoignages, et c'est pourquoi il fournit aux historiens, du goût de M. Lenôtre, ces plaisanteries toujours nouvelles sur la sensibilité de l'homme qui fit tomber en France les cent mille

têtes autrefois réclamées par Jean-Paul Marat, ami du peuple et publiciste de la République Française.

Il demeure, pour ces écrivains aux livres longs et aux documentations courtes, le Tigre^ le Buveur de sang y le Tyran , Catilina^ tout comme si la réaction thermidorienne durait encore de nos jours.

Hors les injures à cette grande mémoire, rien.

Et pourtant, il semble bien que tout ait été dit sur l'Incorruptible depuis tant de savants travaux publiés d'année en année, et à qui M. Hamel, avec son Histoire de Robespierre^ parue en i865, ouvrit la voie. Dans cette bibliographie considérable, et qui malgré l'essai ébauché par M. Maurice Tourneux(i), demeure encore à faire, on trouvera tout sur Robespierre, homme politique et homme privé, avocat et poète, hormis l'étude de son caractère au point de vue strictement féminin.

Quelle influence les femmes eurent-elles sur lui ? Quel fut leur rôle dans sa vie ?

Cette double question méritait d'être étudiée. C'est l'objet du volume que nous donnons aujourd'hui au

(1) On la trouvera dans le tome IV, pp. 628 à 62)9, de la Bibliographie de Paris pendant la Révolution Française. Paris, 1906. ~ M. Charles Vellat, dans une étude très documentée publiée par les Annaleê Révolutionnaires ^ n* 1, janvier-mars 1908, pp. 126 et suiv., a signalé quelques-unes des erreurs et omissions du considérable travail de M. Tourneux. Et à M. Vellay lui-même ont échappé quelques volumes sur Robespierre. C'est assez dire à quel point cette bibliographie est énorme et ce qu'elle ménage de surprises.

public qui a bien voulu accueillir avec une faveur si marquée nos divers travaux. Si nous ne nous flattons pas d^apporter une solution définitive, nous estimons cependant que notre œuvre n^aura pas été tout à fait inutile. Pour la première fois, ainsi que nous le disions plus haut, des centaines de témoignages divers ont été coordonnés ici, analysés, contrôlés autant qu*il était en notre pouvoir, et confrontés chaque fois que la chose était possible. De cet ensemble se dégage tout au moins une impression très nette, et elle n*échappera pas au lecteur. D'autre part, cet ouvrage rassemble toutes les lettres connues, adressées par Robespierre à des femmes, et leur complément indispensable se trouve dans les lettres envoyées par des femmes à Robespierre, que ces lettres soient politiques ou amoureuses.

Ces éléments dispersés jusqu'à ce jour, rassemblés en un même volume, fournissent, peut-on penser, une contribution importante à Tétude du caractère de Maximilien de Robespierre. C'est avec Tespoir de les voir contribuer à la réhabilitation définitive de cette grande figure que nous les publions. Peut-être y reconnattra-t-on que la légende du Robespierre bêlant est aussi ridicule, qu'odieuse est celle du tigre altéré de sang. Sa sœur parle de sa « sensibilité exquise ». On verra si elle touche au grotesque. Mais mieux que tous les eiTorts de ceux qui saluent en lui le gardien de la Probité, lui-même, de par ses papiers sauvés du naufrage des temps, plaide sa cause devant la postérité. Déjà le jugement équitable

a été rendu pour sa politique. Désormais il n'a plus qu'à attendre celui pour sa Vertu.

Hector Fleischmann.

Paris, thermidor 4908.

«... Il exerçoit particulièrement son presUge sur les imaginations tendres. »

NouvtUtê poiiliqueêj 13 thermidor an II.

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