‹ Robinson Crusoé, tome 1Chapitre 13 sur 43 · CAL · texte numérisé non relu

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nasse du navire et de s’en aller pêcher dans la rade ; pour tirer à la rame il m’emmenait toujours avec lui, ainsi qu’un jeune Maurisque1; nous le divertissions beaucoup, et je me montrais fort adroit à attraper le poisson ; si bien qu’il m’envoyait quelquefois avec un Maure de ses parents et le jeune garçon, le Maurisque, comme on l’appelait, pour lui pêcher un plat de poisson.

Une fois , il arriva qu’étant allé à la pêche , un matin , par un grand calme , une brume s’éleva si épaisse que nous perdîmes de vue le rivage, quoique nous n’en fussions pas éloignés d’une demi-lieue. Ramant à l’aventure, nous travaillâmes tout le jour et toute la nuit suivante ; et , quand vint le matin , nous nous trouvâmes avoir gagné le large au lieu d’avoir gagné la rive, dont nous étions écartés au moins de deux lieues. Cependant nous l’atteignîmes, à la vérité non sans beaucoup de peine et non sans quelque danger , car dans la matinée le vent commença à souiller assez fort, et nous étions touts mourants de faim.

Or, notre patron, mis en garde par celte aventure, résolut d’avoir plus soin de lui à l’avenir ; ayant à sa disposition la chaloupe de notre navire anglais qu’il avait capturé , il se détermina à ne plus aller à la pêche sans une boussole et quelques provisions , et il ordonna au charpentier de son bâtiment , qui était aussi un Anglais esclave , d’y construire dans le milieu une chambre de parade ou cabine semblable à celle d’un canot de plaisance , laissant assez de place derrière pour manier le gouvernail et border les écoutes, et assez de place devant pour qu’une personne ou deux pussent manœuvrer la voile. Cette cha-

* On appelle Sforiscos, en espagnol, les Maures qui embrassèrent le Christianisme, lorsque l'Espagne Ait reconquise , et qui depuis en o«t été chassés. P. B. T

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loupe cinglait arec ce que nous appelons une voile d'épaule de mouton 4, qu’on amurait sur le faîte de la cabine, qui était basse et étroite, et contenait seulement une chambre à coucher pour le patron et un ou deux esclaves, une table à manger , et quelques équipets pour mettre des bouteilles de certaines liqueurs à sa convenance , et surtout son pain, son riz et son café.

Sur celle chaloupe, nous allions fréquemment à la pêche; et comme j’étais très-habile à lui attraper du poisson, il n’y allait jamais sans moi. Or, il advint qu’un jour, ayant projeté de faire une promenade dans ce bateau avec deux ou trois Maures de quelque distinction en cette place, il fil de grands préparatifs, et, la veille, à cet effet, envoya au bateau une plus grande quantité de provisions que de coutume , et me commanda de tenir prêt trois fusils avec de la poudre et du plomb, qui se trouvaient à bord de son vaisseau, parce qu’ils se proposaient le plaisir de la chasse aussi bien que celui de la pêche.

Je préparai toutes choses selon ses ordres, et le lendemain au matin j attendais dans la chaloupe, lavée et parée avec guidon et flamme au vent, pour la digne réception de ses hôtes , lorsqu 'incontinent mon patron vint tout seul à bord, et me dit que ses convives avaient remis la partie, à cause de quelques affaires qui leur étaient survenues.il m enjoignit ensuite, suivant l’usage, d’aller sur ce bateau avec le Maure et le jeune garçon pour pêcher quelques poissons, parce que ses amis devaient souper chez lui , me recommandant de revenir à la maison aussitôt que j’aurais fait une bonne capture. Je me mis en devoir d’obéir.

Celte occasion réveilla en mon esprit mes premières idées de liberté ; car alors je me trouvais sur le point d’avoir

2 S Rou hier ofmuUon suif, — Voile aurique.

cfusoi.

tan petit navire à mon commandement. Mon maître étant parti, je commençai à me munir, non d’ustensiles de pêche, mais de provisions de voyage , quoique je ne susse ni ne considérasse où je devais faire route, pour sortir de ce lieu, tout chemin m’étant bon.

Mon premier soin fut de trouver un prétexte pour engager le Maure à mettre à bord quelque chose pour notre subsistance. Je lui dis qu’il ne fallait pas que nous comptassions manger le pain de notre patron. — Cela est juste , répliqua-t-il ; — et il apporta une grande corbeille de rusk ou de biscuit de mer de leur façon et trois jarres d’eau fraîche. Je savais où mon maître avait placé son coffre à liqueurs , qui, cela était évident par sastructure, devait provenir d’une prise faite sur les Anglais. J’en transportai les bouteilles dans la chaloupe tandis que le Maure était sur le rivage , comme si elles eussent été mises là auparavant pour notre maître. J’y transportai aussi un gros bloc de cire-vierge qui pesait bien environ un demi-quintal , avec un paquet de fil ou ficelle, une hache, une scie et un marteau , qui nous furent touts d’un grand usage dans la suite, surtout le morceau de cire pour faire des chandelles. Puis j’essayai sur le Maure d’une autre tromperie dans laquelle il donna encore innocemment. Son nom était Ismael , dont les Maures font Muly ou Moléy; ainsi l’appelai-je et lui dis-je : — Moléy, les mousquets de notre patron sont à bord de la chaloupe; ne pourriez-vous pas vous procurer un peu de poudre et de plomb de chasse, afin de tuer, pour nous autres , quelques alcamies , — oiseau semblable à notre courlieu , — car je sais qu’il a laissé à bord du navire les provisions de la soute aux poudres. — Oui, dit-il, j’en apporterai un peu ; — *et en effet il apporta une grande poche de cuir contenant environ une livre et demie de poudre, plutôt plus que moins,

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et une antre poche pleine de plomb et de balles, pesant environ six livres, et il mit le tout dans la chaloupe. Pendant ce temps, dans la grande cabine de mon maître, j’avais découvert un peu de poudre dont j’emplis une grosse bouteille qui s’était trouvée presque vide dans le bahut, après avoir transvasé ce qui y restait. Ainsi fournis de toutes choses nécessaires, nous sortîmes du hàvre pour aller à la pêche. À la forteresse qui est à l’entrée du port on savait qui nous étions, on ne prit point garde à nous. À peine étions-nous à un mille en mer, nous amenâmes notre voile et nous nous assîmes pour pêcher. Le vent soufflait Nord-Nord-Est, ce qui était contraire à mon désir ; car s’il avait soufflé Sud, j’eusse été certain d’atterrir à la côte d’Espagne, ou au moins d’atteindre la baie de Cadix ; mais ma résolution était, vente qui vente, de sortir de cet horrible lieu, et d’abandonner le reste au destin.

Après que nous eûmes pêché long-temps et rien pris ; car lorsque j’avais un poisson à mon hameçon, pour qu’on ne pût le voir je ne le tirais point dehors : — Nous ne faisons rien, dis-je au Maure; notre maître n’entend pas être servi comme ça ; il nous faut encore remonter plus au large. — Lui, n’y voyant pas malice , y consentit, et se trouvant à la proue , déploya les voiles. Comme je tenais la barre du gouvernail, je conduisis l’embarcation à une lieue audelà; alors je mis en panne comme si je voulais pêcher; et, tandis que le jeune garçon tenait le timon , j’allai à la proue vers le Maure ; et, faisant comme si je me baissais pour ramasser quelque chose derrière lui , je le saisis par surprise en passant mon bras entre ses jambes , et je le lançai brusquement hors du bord dans la mer. 11 se redressa aussitôt, car il nageait comme un liège , et, m’appelant , il me supplia de le reprendre à bord , et me jura

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qu’il irait d’un bout à l’autre du monde avec moi. Comme il nageait avec une grande vigueur après la chaloupe et qu’il faisait alors peu de veut, il m’aurait promptement atteint.

Sur ce, j’allai dans la cabine, et, prenant une des arquebuses de chasse , je le couchai eu joue et lui dis : Je ne vous ai pas fait de mal , et, si vous ne vous obstinez pas, je ne vous en ferai point. Tous nagez bien assez pour regagner la rive ; la mer est calme , hâtezvous d’y aller, je ne vous, frapperai point ; mais si vous vous approchez du bateau, je vous tire une balle dans la tête , car je sqis résolu à recouvrer ma liberté. Alors il revira et uagea vers le- rivage. Je ne doute point qu’il ne l’ait atteint facilement , car c’était un excellent nageur.

J’eusse été plus satisfait d’avoir gardé ce Maure et d’avoir noyé le jeune garçon ; mais, là, je ne pouvais risquer de me confier à lui. Quand il fut éloigné, je me tournai vers le jeune garçon , appelé Xury , et je lui dis : — Xury , si tu veux m’être fidèle , je ferai de toi un homme ; mais si tu ne mets la main sur ta face que tu seras sincère avec moi , — ce qui est jurer par Mahomet et la barbe de sou père , — il faut que je te jette aussi dans la mer. Cet enfant me fit qn sourire , et me parla si innocemment que je n’aurais gp me déGer de lui ; puis il fit le serment de m’être fidèle et de me suivre en touts lieux.

Tant que je fus en vue du Maure , qui était à la nage , je portai directement au large , préférant bonliner , afin qu’on pût croire que j’étais allé vers le détroit *, comme en * vérité on eût pu le supposer de toute personne dans son

1 S traits mouth. — Détroit de Gibraltar.

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bon sens; car aurait-on pu imaginer que nous faisions route au Sûd, vers une côte véritablement barbare, où nous étions sûrs que toutes les peuplades de nègres nous entoureraient de leurs canots et nous désoleraient ; où nous ne pourrions aller au rivage sans être dévorés par les bêtes sauvages ou par de plus impitoyables sauvages de l’espèce humaine.

Mais aussitôt qu’il fit sombre , je changeai de route, et je gouvernai au Sud-Est , inclinant un peu ma course vers l’Est , pour ne pas m’éloigner de la côte ; et , ayant un bon vent , une mer calme et unie , je fis tellement de* la voile , que le lendemain, à trois heures de l’aprèsmidi, quand je découvris premièrement la terre, je devais être au moins à cent cinquante milles au Sud de Salle , tout-à-fait au-delà des États de l’Empereur de Maroc , et même de tout autre roi de par-là , car nous ne vîmes personne.

Première AI gu a de.

outcfois, la peur que j’avais des Maures était si grande . et les appréhensions que j’avais de tomber entre leurs mains étaient si terribles, que je B«»ne voulus ni ralentir, ni aller à terre, ni laisser tomber l’ancre. Le vent continuant à être favorable, je naviguai ainsi cinq jours durant ; mais lorsqu’il eut tourné au Sud, t. u 3

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je conclus que si quelque vaisseau était en chasse après moi, il devait alors se retirer ; aussi hasardai-je d’atterrir et mouillai-je l’ancre à l’embouchure d’une petite rivière, je ne sais laquelle, je ne sais où, ni quelle latitude, quelle contrée, ou quelle nation : je’ny vis pas ni ne désirai point y voir aucun homme ; la chose importante dont j’avais besoin c'était de l’eau fraîche. Nous entrâmes dans cette crique sur le soir , nous déterminant d’aller à terre à la nage sitôt qu’il ferait sombre, et de reconnaître le pays. Mais aussitôt qu’il fit entièrement obscur, nous entendîmes un si épouvantable bruit d’aboiement , de hurlement et de rugissement de bêtes farouches dont nous ne connaissions pas l’espèce , que le pauvre petit garçon faillit à en mourir de frayeur, et me supplia de ne point descendre à terre avant le jour. — « Bien, Xury , lui dis-je , maintenant je n’irai point , mais peut-être au jour verrons-nous des hommes qui seront plus méchants pour nous que des lions. » — « Alors nous tirer à eux un coup de mousquet, dit en riant Xury, pour faire eux s’enfuir loin. » — Tel était l’anglais que Xury avait appris par la fréquentation de nous autres esclaves. Néanmoins, je fus aise de voir cet enfant si résolu , et je lui donnai,

# pour le réconforter , un peu de ffqueur tirée d’une bouteille du co ttté de notre patron. Après tout, l’avis de Xury était bon, et je le suivis; nous mouillâmes notre petite ancre, et nous demeurâmes tranquilles toute la nuit; je dis tranquilles parce que nous ne dormîmes pas, car durant deux ou trois heures nous apperçûmes des créatures excessivement grandes et de différentes espèces, — auxquelles nous ne savions quels

* noms donner, — qui descendaient vers la rive et couraient dans l’eau, en se vautrant et se lavant pour le plaisir de se rafraîchir ; elles poussaient des hurlements et des meuglements si affreux que jamais, en vérité, je n’ai rien ouï de semblable.

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Xury était horriblement effrayé, et, an fait , je l’étais aussi ; mais nous fûmes touts deux plus effrayés encore quand nous entendîmes une de ces énormes créatures venir à la nage vers notre chaloupe. Nous ne pouvions la voir, mais nous pouvions reconnaître à son souffemeot que ce devait être une bête monstrueusement grosse et furieuse. Xury prétendait que c était un lion, cela pouvait bien être ; tout ce que je sais, c’est que le pauvre enfant me disait de lever l’ancre et de faire force de rames. — « Non pas, Xury, lui répondis-je ; il vaut mieux filer par le bout notre câble avec une bouée, et nous éloigner en mer ; car il ne pourra nous suivre fort loin. » Je n’eus pas plus tôt parlé ainsi que j’apperçus cet animal, — quel qu’il fût, — à deux portées d’aviron, ce qui me surprit un peu. Néanmoins, aussitôt j’allai à l’entrée de la cabine , je pris mon mousquet et je fis feu sur lui : à ce coup il tournoya et nagea de nouveau vers le rivage.

11 est impossible de décrire le tumulte horrible, les cris affreux et les hurlements qui s’élevèrent sur le bord du rivage et dans l’intérieur des terres, au bruit et au retentissement de mon mousquet ; je pense avec quelque raison que ces créatures n’avaient auparavant jamais rien ouï de pareil. Ceci me fit voir que nous ne devions pas descendre sur cette côte pendant la nuit, et combien il serait chanceux de s’y hasarder pendant le jour , car tomber entre les mains de quelques Sauvages était , pour nous , tout aussi redoutable que de tomber dans les griffes des lions et des tigres ; du moins appréhendions-nous également l’un et l’autre danger.

Quoi qu’il en fût, nous étions obligés d’aller quelque part à l’aiguade ; il ne nous restait pas à bord une pinte d’eau; mais quand? mais où? c’était là l’embarras. Xuiy

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me dit que si je voulais le laisser aller à terre avec une des jarres, il découvrirait s’il y avait de l’eau et m’en apporterait. Je lui demandai pourquoi il y voulait aller; pourquoi ne resterait-il pas dans la chaloupe , et moi-même n’irais-je pas. Cet enfant me répondit avec tant d’affection que je l’en aimai toujours depuis. Il me dit : « — Si les Sauvages hommes venir, eux manger moi, vous s’enfuir. » — « Bien, Xury, m’écriai-je, nous irons touts deux, et si les hommes sauvages viennent, nous les tuerons ; ils ne nous mangeront ni l’un ni l’autre. » — Alors je donnai à Xury un morceau de biscuit et à boire une gorgée de la liqueur tirée du coflre de notre patron, dont j’ai parlé précédemment; puis, ayant halé la chaloupe aussi près du rivage que nous le jugions convenable , nous descendîmes à terre, n’emportant seulement avec nous que nos armes et deux jarres pour faire de l’eau.

Je n’eus garde d’aller hors de la vue de notre chaloupe, craignant une descente de canots deSauvages sur la rivière ; mais le petit garçon ayant apperçu un lieu bas à environ un mille dans les terres, il y courut , et aussitôt je le vis revenir vers moi. Je pensai qu’il était poursuivi par quelque Sauvage ou épouvanté par quelque bête féroce ; je volai à son secours ; mais quand je fus assez proche de lui, je distinguai quelque chose qui pendait sur son épaule : c’était un animal sur lequel il avait tiré , semblable à un lièvre, mais d’une couleur différente et plus long des jambes. Toutefois , nous en fûmes fort joyeux, car ce fut un excellent manger ; mais ce qui avait causé la grande joie du pauvre Xury, c’était de m’apporter la nouvelle qu’il avait trouvé de la bonne eau sans rencontrer de Sauvages.

iNous vîmes ensuite qu’il ne nous était pas nécessaire de prendre tant de peines pour faire de l’eau ; car un peu

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au-dessus de la crique où nous étions nous trouvâmes l’eau douce ; quand la marée était basse elle remontait fort peu avant. Ainsi nous emplîmes nos jarres, nous nous régalâmes du lièvre que nous avions tué , et nous nous préparâmes à reprendre notre route sans avoir découvert un vestige humain dans cette portion de la contrée.

Comme j’avais déjà fait un voyage à cette côte , je savais très-bien que les îles Canaries et les îles du Cap-Vert n’étaient pas éloignées ; mais comme je n’avais pas d’instruments pour prendre hauteur et connaître la latitude où nous étions, et ne sachant pas exactement ou au moins ne oie rappelant pas dans quelle latitude elles étaient ellesmêmes situées , je ne savais ou les chercher ni quand il faudrait, de leur côté, porter le cap au large ; sans cela , j’aurais pu aisément trouver une de ces îles. En tenant le long de la côte jusqu’à ce que j’arrivasse à la partie où trafiquent les Anglais , mon espoir était de rencontrer en opération habituelle de commerce quelqu’un de leurs vaisseaux qui nous secourrait et nous prendrait à bord.

Suivant mon calcul le plus exact, le lieu où j étais alors doit être cette contrée s’étendant entre les possessions de l’Empereur de Maroc et la Nigritie ; contrée inculte, peuplée seulement par les bêtes féroces, les nègres l’ayant abandonnée et s’étant retirés plus au midi, depeurde&Maures; et les Maures dédaignant de l’habiter à cause de sa stérilité ; mais au fait les uns et les autres y ont renoncé parce quelle est le repaire d’une quantité prodigieuse de tigres , de lions , de léopards et d’autres farouches créatures ; aussi ne sert-elle aux Maures que pour leurs chasses , où ils vont, comme une armée , deux ou trois mille hommes à la fois. Véritablement durant près de cent milles de suite sur cette côte nous ne vîmes pendant le jour qu’un pays

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