DR DANIKL DR PUR
eo usage le droit d’examen, et s’était eloigpé du catholicisme de Rome. Les Dissidents examinaient à leur tour la religion anglicane, et, prolilant du même privilège, ils ne s’écartaient pas moins de la foi qu’on voulait établir. A eux n’appartenaient pas les ridicules et les vices dont la foi aveugle est entachée; mais en général ils avalent peu de largeur dans les vues ; leur obstination invincible s’attachait à d’inutiles minuties : leur habitude d’analyse détaillée, d’examen scrupuleux mais quelquefois puéril, de pruderie souffrante et de piété mélancolique, a laissé trace sur les produits de l’intelligence anglaise , depuis Cromwell , et môme sur toute la société britannique. C’est leur entêtement, leur amour des arguties, leur esprit borné et subtil, que Butler, dans son H udjuras, a caractérisés avec une verve si mordante. Ces défauts prêtaient à la satire... oui; mais leurs ennemis avaient en partage la cruauté, l’intolérance, le pédantisme, la bassesse , le dévouement honteux à toute tyrannie vivante , pourvu qu’elle reconnût leurs privilèges , et surtout qu’elle écrasât leurs ennemis.
La grande lutte religieuse et politique était entre ces deux partis , tous deux tenus en bride par le pouvoir, mais qui se trouvaient dans une position bien différente. Les Dissidents étaient victimes, parce qu’une partie de leurs droits leur était enlevée; les hommes de la Haute-Église, ou du Haut-Vol, se disaient victimes, parce qn’ou ne leur permettait ni de dresser les bûchers ni de faire pendre les Dissenlers. Aux yeux du gouvernement, les High-1 iyers, vieux soutiens du pouvoir absolu , vieux partisans de Charles 11 et de Jacques 1er, étaient des alliés dangereux ; les Dis- SB*TKiis, nés des cendres de la république , héritiers de Yane et de Pym , haïssaient sans doute les doctrines absolues, mais leur loyauté pour tous les trônes était suspecte. I^a masse îles Tories, réunie sous l’étendard des lvers, vouait cxécratiou aux euts, contre lesquels lis Jacobites nourrissaient une haine assea méritée. De leur côté, LesWhigs, ou is de la révolution nouvelle, ent point confondre avec li s Dissidents , qu’ils repoussaient, dont ils dédaignaient la sévérité minutieuse, et sur lesquels la tache sanglaute échappée des veines de
Charles 1“ semblait encore empreinte.
Au milieu de tout ce chaos , un homme sortit des rangs des Dissidents, personnifia le génie de leur caste, les défendit, éclaira scs contemporains, et fut martyr de sa supériorité : Damel de Foe.
Daniel était , selon toute apparence, descendant d’ujie vieille famille française , dont le nom véritable , de Foi ou Foix , s’est transformé avec le temps. La particule nobiliaire n’a été ajoutée à ce nom que par de Foe luiméme,dont les affaires n’avaient pas été bonnes , et qui . en se jetant dans la carrière polémique, se donna le baptême d’une nouvelle désignation.
Sa famille, assez obscure, avait embrassé le puritanisme. Les idées républicaines de la Communauté sous Cromwell, les Idées sévéres d’une religion toute puissante, d’uu Dieu toujours présent, d’une foi et d’une vérité à conserver toute la vie, le pénétrèrent dès son enfance. C’était une de ces maisons bibliques où la vie se passait comme une longue prière. Qce moi