‹ RobRoyChapitre 11 sur 24 · OC-ROY · texte numérisé non relu

OC-ROY

pertinentes, ni que je prisse en mauvaise part son refus de répondre à celles qui pourroient me paroître raisonnables , ou du moins naturelles. — J’étois trop redevable, ajoutai -je, à l’intérêt qu’elle avoit pris à mes affaires, pour abuser de l’occasion que sa bonté m’avoit offerte pour vouloir pénétrer les siennes. J’espérois seulement que si mes services pouvoient lui être utiles, elle n’hésiteroit pas à les employer.

— Je vous remercie, reprit- elle, et je vous crois sincère. Votre voix n’a pas le son du carillon monotone appelé compliment; c'est celle d’une personne qui sait à quoi elle s’engage. Si..., mais c’est impossible. Cependant, si l’occasion s’en présente, je vous demanderai si vous vous rappelez cette promesse. Quand même vous l’auriez oubliée, je ne vous en serois pas moins obli- ' gée ; car il suffit que vous soyez sincère à présent.

Il peut arriver bien des circonstances qui cban- • gent vos sentiments avant que je vous prie, si c’est une prière que je dois vous faire, de secourir ^ Diana comme si vous étiez son frère.

^ — Fussé-je son frère, m’écriai -je, je n’aurois pas plus d’empressement à la servir! Et à présent je ne dois sans doute pas demander si c’est volontairement et par amitié que Rasblefgh a travaille à ma justification ? .

— Non pas à moi ; mais vous pouvez le deman-

der à lui - même; et soyez sûr qu’il vous répondra oui, car toutes les fois qu’il peut se faire un mérite d’une bonne action , il ne manque jamais de se l’approprier.

— Et je ne dois pas demander non plus si ce Campbell n’est pas lui -même la personne qui a enlevé à M. Morris son porte - manteau , ou si la lettre que notre ami M. Jobson a reçue pendant que nous étions chez M. Inglewood n’étoit pas une ruse pour l’entraîner loin du lieu de l’action, et l’empêcher de mettre obstacle à ma délivrance? Et je ne dois pas demander

^ — Vous ne devez rien me demander à moi, dit miss Vernon ; ainsi il est inutile de chercher à poser les limites que votre curiosité ne doit pas franchir. V ous devez penserdemoitoutaussi favorablement que si j’avois répondu à toutes ces questions et à vingt autres encore avec ce ton libre et dégagé qu’il est si facile à Rashleigh de prendre, mais que pour moi il m’est impossible de contrefaire. Écoutez : toutes les fois que je porterai la main au menton, de cette manière, ce sera signe que je ne pourrai point m’expliquer sur le sujet qui occuperoit alors votre attention. Il faut que j’établisse des signaux de correspondance avec vous; car vous. allez être mon confident et mon conseiller, à la seule exception que vous ne saurez rien de mes affaires.

i^4 , ROB-HOY.

* — Rien (k? plus raisonnable, repris-je en riant ^ et vous pouvez compter que la sagacité de mes conseils répondra à l’étendue de votre confiance. , Telle fut à peu près la conversation qui nous occupa pendant la route , et nous arrivâmes à Osbaldistone-Hall au moment où la famille étoit déjà livrée à ses orgies.

— Qu’on nous serve à dîner dans la bibliothèque , dit miss Vernon à un domestique. Il faut bien que j’aie pitié de vous, ajouta- t-elle en se tournant vers moi, et que je pourvoie à ce que vous ne mouriez pas de faim dans cette maison brutalement hospitalière, autrement je ne sais pas trop si je devrois vous montrer ma retraite.

Cette bibliothèque est mon antre favori. C’est le seul coin de toute la maison où je sois à l’abri des orang-outangs , mes cousins. Ils n’y mettent jamais les pieds, dans la crainte, je crois, que les, in-folio ne viennent à tomber et ne leur fracassent le crâne : car c’est la seule impression qu’ils puissent faire sur leur cervelle. Suivez -moi. ' .

> Je la suivis par un long détour de corridors et V; * de passages, <le galeries et d’escaliers, et je finis par entrer avec elle dans la bibliothèque.

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