II. — Le mot qu'employait voloatiers Goncourt, à propos
de Renan.
C'est une classe tout entière qui a monté, dont tous les membres se sont hissés par les mêmes moyens et ont tous un air de famille, le mauvais air d'une mauvaise famille.
Brisson est Thomme de Bourges^
C'est une famille pleine de prôtreisi défroqués.
Le grand-oncle de Brisson, curé de Nohant, épousa une religieuse, après avoir jeté la soutane aux orties.
C'est une indication que, pour ma part, je trouve précieuse.
J'avoue qu'en regardant attentivement Brisson dans son cabinet, j'avais quelque ennui de ne pas pouvoir le cataloguer, définir son type.
Ce n'est ni l'aventurier hardi, ni l'aigrefin cynique, ni le méridional à la Gonstans, ni même l'avocat hâbleur.
Pour employer le mot qu'employait volontiers Concourt, à propos de Renan : «Il est prêtreux. »
Il est prêtreux dans ses allures, dans ses intonations, dans ses façons de regarder.
Or, si rien n'est plus grand et plus digne de respect que le vrai prêtre, rien ne me parait plus odieux que le prêtre qui a mal tourné, le prêtre qui, sans rien garder des vertus sacerdotales, a conservé cette marqqe indélébile qui se retrouve jusque chez les cochers de fiacre qui ont été dans les ordres.
La vie publique ne dément pas la personnalité extérieure.
L'homme apparaît sous l'aspect de ces mauvais prêtres, comme en a peint Ferdinand Fabre, cachant sous une apparence taciturne, maussade, endormie, une ambition effrénée, mais une ambition sans joie, une idée fixe, obstinée, obsédante, d'arriver à un but, sans que ce but une fois atteint doive donner aucun plaisir.
IIL — C'est vraiment Tartufe, auquel on aurait proposé
un péché mortel.
Je vois encore Brisson, lorsqu'on prenant congé de lui avec Morinaud, Marchai et Faure, je lui dis cordia» lement :
ce Monsieur le président du conseil, nous ne vous demandons pas d'indiscrétion, mais vous savez combien ce débat sur l'affaire Dreyfus, qui aura lieu demain, préoccupe les patriotes ; pouvons-nous rapporter à nos amis une parole qui leur fasse plaisif-? »
Gonslans aurait eu un mot rigolo; Floqnet, une phrase pompeuse.
Il est impossible de traduire l'air penaud, honteux, effarouché et faux, que prit le visage de cet homme, le ton sinistre et caverneux dont il répondit :
« Je ne peux rien dire. «»
Le misérable couyait déjà son plan, ruminait déjà sa combinaison, pensant à part lui qu'il roulerait tous ceux qui avaient confiance en lui.
C'était vraiment Tartufe, auquel on aurait proposé, devant le monde, de commettre un péché mortel.
Je n'ai pas pensé à tâter le crâne de cet homme, mais je suis convaincu qu'il a la bosse de la vénération. Il vénère mal, mais il vénère.
C'est un des derniers fervents de la Maçonnerie.
Il y a dans la Maçonnerie des hommes de bonne foi qui sont entrés là-dedans sans s'en apercevoir, et qui voudraient bien s'en aller.
Il y a des malins qui se servent de la Veuve pour arriver. Brisson, lui, est le vrai Maçon, le Maçon d'étroite obédience.
Cet être mou, flasque, ballottant, trouve là quelque chose où s'appuyer, un semblant de principes et d'idées, un programme qui comble le vide lamentable de cette intelligence, un moyen qui remplace chez lui l'absence de toute énergie personnelle, et une direction qui sup-* plée à la volonté qui lui fait absolument défaut.
C'est le Maçon des arrière-loges que les Juifs font marcher à leur gré, et qui sert aux Juifs d'instrument pour orienter la politique au gré de leurs intérêts.
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