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Part de Rochefort à la condamnation de Dreyfus et à Tacquittement d'Esterhazy. — Rôle de Kochefôrt en octobre 1898. — Son duel avec la Cour de cassation.
Les passions étaient montées à une exaspération extraordinaire, au moment oîi se déroulèrent les événements racontés dans ce volume.
Rochefort était le plus habile des artisans de cette exaspération.
Au cours de chacun des volumes qui ont raconté les événements déjà accomplis, nous avons eu mainte occasion de signaler la verve exubérante du « roi des engueuleurs » (1).
Son. rôle a été des plus décisifs, à chacune des phases antérieures de l'affaire Dreyfus.
(1) Voir Le Lieutenant'Colonel Henry? page 101.
UVRB PREHIER
m qu'exilé à Bruxelles, fut le princimise en jugement de Dreyfus eo ao-
ninistre de la guerre hésitait & traevant le conseil de guerre, faute que
parût établie sur des bases solides.
Il servi de l'outrage comme d'un
vaincre son hésitation. Il lui avait sa conscience appréhendait.
Lie influence de Rochefort des témoi- ; ils ont été réunis dans le livre prere populaire de l'affaire Dreyfus, sous ipilulation du général Mercier n.
ïnonciation d'Esterhazy par Mathieu i l'opinion vers la vérité, ce fut encore >n novembre 1S97, joua le rôle décisif r,
site fois, de cuirasser Esterhazy et ses 'étal-major général, contre les soupn publique.
vint alors l'arbitre des partis. Sou t manifeste.
re 1897, le chef d'escadron Pâuffln de ■la le drapeau de la France à la villa :olèse, chez le rédacteur en chef de
le Rocheforl, M" Desplats, a usé de ; pittoresque, afin d'expliquer la dé- ^ego du général deBoisdesfIre, auprès munard ; l'historien se borne à y le drapeau élait enveloppé dans les le l'Empereur d'Allemagne, que Vlnlia trois semaines plus tard.
.. . le cieus ex machina des complications dramatiques, donl la conscience française fut
alors la victime, au milieu des angoisses les plus poigaantes.
Son génie, malgré des efforts qui rappellent ceux de Sisyphe, fut impuissant à empêcher Zola, Jaurès et Pressensô, de pénétrer jusqu'à la conscience française et de lui suggérer des soupçons sur la loyauté des généraux qui avaient préparé la condamnation de Dreyfus, d*abord ; Facquittement d'Esterhazy, ensuite. Puis, les événements se précipitèrent. Le 31 août 1898, une clameur déchira la conscience française : « Le colonel Henry est un faussaire ! Il a fait l'aveu du crime par lequel il a trompé Billot et Boisdeffre, Pellieux et Cavaignac ! »
Hervé de Kérohant exprima dans le Soleil le trouble de la conscience française, avec une loyauté qui a été signalée, au seuil du sixième volume de cette histoire. Alors, le rôle de Rochefort grandit encore. Le vieux lutteur se raidit contre les difficultés. Nouveau Milon de Crotone, il prétendit déchirer le faisceau de preuves qui, arbre énorme, venait de s'élever du sang d'Henry et allait broyer dans ses fibres inexorables les adversaires de la vérité.
Ce volume raconte le duel de Rochefort avec la Cour de cassation, ainsi que le précédent a fait pour les combats quotidiens soutenus par le « rempart de rétat-major », contre les assauts de Jaurès et de Pressensé.
Ce fut un duel inégal : armé des ressources les plus variées du sophisme et de l'outrage, le rédacteur en chef de V Intransigeant entama une lutte de huit mois avec une telle crânerie que, maintes fois, Rochefort, faisant contre fortune bon cœur, parut aux spectateurs près de remporter la victoire.
Ce n'était là pourtant qu'illusion. Derrière la Cour dô cassation, veillait la Vérité. Elle assistait les magis-
parait les traits que laitftses défenseurs, épiques, auprès des-
eD dépit des aposles s'y interpellaient
Commune, traité de ints, Rochefort était irielle sur la rue : la avait passé sous les ien Faure.
ivait l'orgueil de son des adjurations et :e n'avait d'égale que )agnons d'armes, uoindre curiosité de
touchait presque an tnsigeant, l'historien lie, Tragediante.
Rochefort, exerçait ible sur le Français,
lie dans la collection mois agités de notre
fatigable. Il poursuit ie son imagination, >le, il fait sortir les re chaque matin leur
'. du rire et du sarle, comparable h. la I 1898 et en 1899 : ni
la prison de Sain te- Pélagie ni les huées de Marseille
ne purent en interrompre le cours.
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Rochefort était encore le champion le plus redoutable, avec lequel les amis de la vérité étaient aux prises. •
Rochefort, bien que privé du bras des socialistes, maniait une pli^^^® incomparablement puissante.
Il en sortait, chaque matin, un fiel plein de virulence, qui provoquait les troubles les plus pernicieux sur Tesprit de ses lecteurs.
La fortune de là France avait permis que ces troubles fussent purement psychologiques.
Le bras des lecteurs de Rochefort, en octobre 1898, était aussi émasculé que leur intellect.
Les flèches du « vieux sagittaire » ressemblaient de tout point au telum imbelle sine ictu.
Elles ne perçaient que Fépiderme de ceux qu'elles visaient.
Elles ne faisaient pas de blessures. Néanmoins, elles produisaient sur les âmes sans courage Tim* pression de ces dernières.
C'est ainsi que Zurlinden, Chanoine et diverses autres personnalités tout aussi impressionnables,, en avaient été effrayés.
Ces politiciens sans courage avaient préféré fuir, en abandonnant la lutte pour la vérité, qu'en affrontep les légères piqûres.
A leurs yeux, Rochefort était resté le « tombeur de Napoléon III», le « vainqueur de Gambetta», le «bourreau de Jules Ferry », le favori de la force qui renverse les gouvernants. »
Il n*en était cependant plus que l'apparence.
Il n'était plus qu'une voix, sans soldats pour la suivre et pour obéir à ses appels révolutionnaires.
Le Rochefort de 1898 n'était plus que l'ombre de lui-môme.
urs alerte, il offrait [ul a derrière lui cent
le>mème s'évanouir (!].
>ain, que la lutte contre la ëmes les plug déconcertants m déchaînés sur rtminanité
Il près tout ce qni restera de nés. Oo parlera, eo ellet, de il ï aura des jages et des triiger, ainsi que bien d'autres ns signification pour la pla< lèie.
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L*œuvre de Brisson. — Son successeur, Dapay, est impuissant à remettre la vérité sous le boisseau. — Factums de Rochefort des 10 et 11 octobre : « Consultations gratuites » et « Rendez l'argent ». — Factum de Drumont du 12 octobre : « Les Responsables ».
Ce volume raconte le premier acte de la revision de la condamnation de Dreyfus.
L'échec du ministère Brisson sur un ordre du jour, de texte insignifiant» en fut la première scène.
Cet incident parlementaire ne marqua pas un recul dans la marche de la France vers la lumière.
Une impulsion puissante avait été donnée par Brisson; ses effets continuèrent après la chute de son ministère.
La lumière s'imposait, en effet, h la Cour de cassation, et par elle au Parlement, comme àlaconscience nationale.
Les adversaires de la vérité étaient désormais impuissants à la mettre sous le boisseau.
On était loin de la séance historique du 7 juillet.
Les mensonges et les faux, qui avaient alors arraché aux députés des acclamations unanimes, étaient des objets d'horreur et de mépris pour tout ce qu'il y
te intellectuelle de la
e fût leur sens moraN 1 la révolte de la consurès et Pressensé.
iment : son œuvre rese forcée •■ u gouvernement, quels
ente que fût leur répul- I conscience des bons
ensonges et de crimes,
!, recoururent à la vio-
s contorsions.
ielle qui suivit l'échec
on, la Cour de cassa-
rables.
mdé des requêtes, en
I sut la condamnation
^té prononcée, au mo> :, présidé par Charles la République l'inves-
des politiciens k tout
tête du gouvernement
lées.
fors, qui avaientamené
;ience se débattait de-
rnements successifs de
des artisans de la con-
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Rocbeîvr. i - fouaili'^'-i-'- '^ '-
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iijxi'^--^ -^ i. : aviir-r-^ '
ette responsabilité collective dans le crime coms'en joignaient d'autres, au grand dam de Félix
leE-cI, elles ne sont qu'indiquées au seuil de ce
angères à l'affaire Dreyfus, elles ne doivent pas 7 iscutées.
examiner serait, en effet, entrer dans l'hisgénérale de la politique contempocaine.
ce sujet est trop vaste, pour que l'historien de re Dreyfus ose s'y aventurer, domaine dont il a le devoir de défricher les ses hroussailles offre, à lui seul, trop de matière à vestigatîons, pour qu'il ait la pensée d'en sortir, istorien se home àjeteruncoupd'œil au dehors. lâique une des principales causes de la faihiesse e du chef de l'Élat, au moment où son choix L arrêté sur Charles Dupuy.
ifait, revenons à l'hisloire des événements, raçons-ia avec l'irapartialité, qui a été notre règle les six volumes qui ont précédé celui-ci.
re but est, en effet, d'instruire le lecteur, de lui ater des assises solides, où il puisse établir son m sur les débats passionnés, qui se déroulèrent int la période décisive de la revision, our même où Drumont avait écrit « Les Leçons istoire » (i), le 10 octobre 1898, Rochefort puun factum de même valeur philosophique, ins empesé que son émule de la Libre Parole, il LSticbait pas les Guizot ou les Micbelet : à la i franquette, il décrochait son titre de l'enseigne iniques populaires. ci <r Consultations gratuites » :
(1) Voir Le LieuUnanUCotoaet BenryT pages 406 et suivantes.
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DERNIERS JOURS DU MINISTÈRE BRISSON il