V. — Déclaration de M. Brisson et suspension de séance
An banc ministériel, M. Brisson consulte ses collèguei et, très résolu en même temps que très calme, monte i la tribune.
Je n'ai qu'un mot & dire k la Chambre, déclare-t-il.
Cette phrase est accueillie par une nouvelle bordée de cris de « Démission! Allez •vous-en! »
Le calme s'étant rétabli, le président du conseil donne les explications suivantes, qui produisent une très réelle impression sur la Chambre :
Lorsque j'ai offert au général Chanoine le portefeuille de la guerre, la décision avait été prise en conseil des mioistres de transmettre la demande de revision k la commission consultative instituée au ministère de la justice^ et M. le générai Chanoine en a été avisé.
Mais, depuis, c'est en présence de M. le général Chanoine, assistant aux séances du conseil des ministres, qu'a été prise la décision de transmettre la demande de revision à la chambre criminelle de la Cour de cassation. {Vifs applaudissements à l'extrême gauche et sur divers bancs à gauche.)
Il j a eu conseil des ministres ce matin : M. le général Chanoine pouvait encore nous avertir à ce moment de soi intention de donner sa démission. (Bruit sur divers bancs à V extrême gauche.)
M. le général Chanoine pouvait adresser sa démission a« président du conseil. (Nouveau bruit à l'extrême gauche.)
Je répète que la décision de renvoyer la demande de révision à la chambre criminelle de la cour de cassation avait été prise en séance du conseil des ministres et que rien n'avait pu faire prévoir au gouvernement la démission que, contrairement à tous les usages (Vifs applaudissements à
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gauche et sur divers bancs à l'extrême gauche et au cerUre)f M. le général Chanoine Tient de donner à la tribune.
Ce fait crée au gouyernement l'obligation d'en délibérer.
Mais, avant de se retirer pour délibérer, il exprime l'espoir que la Chambre le soutiendra {Applaudissements à gauche. Bruit sur divers bancs) dans sa volonté de faire prévaloir la suprématie du pouvoir civil sur le pouvoir militaire. (Applaudissements répétés à V extrême gauche et à gauche. Bruit sur divers bancs.) '
Plusieurs députés se présentent à la tribune, mais^ à la demande du président, là suspension demandée par le président du conseil est accordée.
Les députés quittent alors la salle des séances pour se rendre dans les couloirs, où l'on ne tarde pas à discuter sur le très grave incident qui vient de se produire.
Quelques moments avant la suspension^ une altercation très violente s'était produite entre M. Gadenat, député socialiste de Marseille, et M. Gluseret, député nationaliste.
Des coups allaient être échangés, quand M. Yiviani intervint et calma les combattants.
La séance reste suspendue de trois heures à cinq heures.