II. — Les forces policières
Afin de faciliter les évolutions de la cavalerie, on avait [sablé, dès le matin, la place de la Concorde.
A midi exactement, le jardin des Tuileries était fermé, «t, à travers la grille du « pont tournant », on apercevait des masses confuses qui se mouvaient sous les marronniers séculaires.
C'étaient les cuirassiers du !•'' régiment, qui prenaient position autour du grand bassin et de chaque c6té des terrasses.
Les cavaliers ne tardèrent pas à mettre pied à terre, et le jardin était bientôt transformé en un véritable campement.
Pendant ce temps, des forces policières se glissaient dans les Champs-Elysées et s'établissaient silencieusement auprès des grands concerts et dans le prolongement des chevaux de Marly, en bordure de l'avenue.
Les masses sombres des agents se détachaient sur le fond d'or des feuillages flétris par l'automne, tandis que les gardes municipaux caracolaient, pimpants, sur le Coars-la-Reine.
A une heure de l'après-midi, les cavaliers de la garde républicaine, renforçant }es cordons de gardiens de la paix, barraient le quai d'Orsay, un peu au-dessous de l'amorce du boulevard Saint-Germain, d'un côté, et, de Tautre, à la hauteur de l'esplanade des Invalides.
Le palais Bourbon était protégé^ du côté de la rue de Bourgogne, par des troupes à cheval et des agents dis-
quelques mètres de la roe Saint -Dominique.
l le palais Bourbon, le service d'ordre était comar M. Noriot, commissaire divisionDaire, assisté e officiers de paix ayant sous leurs ordres des as cinquième, sixième, septième et quatorzième sements.
rée de la rue Royale se tenait M. Laurent, se- ^néral de la préfecture de police, secondé par officiers de paix, lesquels commandaient à des
compactes d'autres sergents de ville, ents des brigades de recherches avaient été moinr II faire la foule » , sur certaiDS points où l'on L des incidents, et ceux des brigades- de renforçaient un peu partout leurs collègues des
.ssages souterrains des Tuileries, ces longs couaides et obscurs situés sous les terrasses, recéalement de nombreux agents, et les deux aaps de garde, du côté de la place de la Concorde, ité transformés en postes de police, 'un se tenait M. Euriat, commissaire du quartier rmain-I'Auxerrois; dans l'autre, M. Prélat, aire du quartier des Champs-Elysées.
igistrats avaient pour mission d'interroger tes nts qu'on leur amènerait et de reconnaître leur
m. — Arrivée des dépuiéa-
pûtes commencent à traverser, soit en voiture, id,Ia place de la Concorde, le, massée sur les terre-plein, acclament Iodceus dont la Jigure a été popularisée par la phie, tels que MM. Paul de Gassagnac, Clovi»
Henry Maret, etc.
Elle s'amuse même énormément, la foule, et ne parait pas avoir de méchantes dispositions.
Tout à coup, un grand brouhaha s'élève du c6té de
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la rue Royale : deux voitures débouchent sur la place au grandissime galop.
La première contient MM. Paul Déroulède, Marcel Habert et Paulin Méry ; elle est escortée d*une centaine <ie manifestants qui galopent aux portières en criant : « Vive Tarmée ! Vive la France ! A bas les traîtres I »
Le second véhicule transporte des amis de ces messieurs, et les mêmes vivats les accompagnent.
Les voitures se sont à peine engagées sur le pont de ia Concorde que les agents se déploient pour barrer le chemin du palais Bourbon aux manifestants.
Ceux-ci se rallient au pied de l'obélisque.
Ils s*élancent de nouveau, quand paraît la voiture découverte qui conduit M. Drumont et quelques-uns de ses collègues de la députation algérienne.
Les antisémites et les membres de la Ligue des patriotes s'époumonnent à crier: « Vive Drumont 1 Vive l'armée I A bas les Juifs I Mort aux traîtres I » et regagnent prestement la grille qui entoure le monolithe de Louqsor. La place de la Concorde appartient aux ligueurs de M. Déroulède et aux nationalistes de M. Jales Guérin, et les socialistes brillent toujours par leur absence.
Où sont-ils?
Au fond, on ne s*en préoccupe guère, et les curieux se contentent de lire les affiches du a Comité de vigilance », qui tapissent les parapets de la Seine.
Jusqu'à présent, rien de tragique ; on manifeste même avec g^aieté et les antisémites font des moulinets avec leur bâton.
Mais, au fond de la perspective des Champs-Elysées et dans le lointain du pont de la Concorde, on voit confusémeut s'ébranler les masses noires des agents.
Les escouades compactes se rapprochent, en même temps que les cuirassiers commencent à poindre de toutes parts.
En un clin d'oeil, la place est cernée; les gardiens de la paix se déploient, s'avancent au pas accéléré et ba-
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eax la foule des carieax. C'est à ce morodait l'un des incide'nls les plus graves dent grave — de la journée.