A^ML
'r^r'-*- iHnrjp^jK^^j6»»7»fi
L'ombre du « saint roy Loys » dut en tressaillir de satisfaction; s*il est vrai que Tâme d'un mort reçoive des événements de la planète qu'il a habitée un contre-coup de plaisir, semblable à celui qu'elle ressentait de son vivant.
Il se dégageait, en effet, de Taudience du 27 octobre 1898, un effort sublime vers Tidéal de vérité, qui avait élé constamment cher au « saint roy Loys ».
Les cinq grands vassaux qui s'étaient mis en révolte contre le droit avaient, été mis au ban de la conscience nationale par le représentant de la juridiction suprême.
Le « saint roy Loys » eût été fier des héritiers de ^ son Parlement, s'il eût pu ouïr la parole ferme et sage du conseiller-rapporteur Bard.
Il eût pensé de ce « droit juge » ce qu'il aimait à dire de ses plus féaux serviteurs, des plus intègres, des plus courageux.
Quant aux cinq « grands officiers » félons, dont Bard avait signalé la pusillanimité et la sottise, aucun des supplices, que la modération des mœurs actuelles a retenus, n'eût paru assez sévère au « grand justicier » qu'était le « saint roy Loys » pour châtier leur crime.
Quant à Drumont, le châtiment des blasphémateurs aurait été son lot, si la voix du « saint roy Loys » s'était élevée de « l'admirable Sainte Chapelle », pour condamner les paroles sacrilèges, par lesquelles « Barbe-à-Poux » prétendait outrager la plus haute magistrature de son pays et la conscience nationale, elle-même.
La langue de « Barbe-à- Poux » aurait senti le fer rouge pénétrer à travers ses cellules : l'odeur fétide de ses papilles brûlées aurait donné la nausée au
peuple amassé autour du pilori, afin de se repaître des grimaces suprêmes du fauteur des crimes et du contempteur de la justice.
Par bonheuf pour le rédacteur en chef de la Libre Parole, le « saint roy Loys » n'avait pas répondu à ■ la téméraire évocation du pseudo-Samuel.
S'il y avait répondu, nul doute que le coiitempteur du ce temple de la loi » n'eût fait un bond jusqu'à Bruxelles.
II Tavait fait en 1894, pour moins que cela, par crainte des lois répressives qui avaient suivi l'assassinat du président Garnot.
Elles étaient pourtant singulièrement bénignes, au prix de celles que le « saint roy Loys » aimait à voir fleurir autour du Palais de Justice.
En vérité, « Barbe-à-Poux » était un sophiste, d'aussi peu de vaillance que de vergogne.
Son arrogance était faite de son impunité.
Mais de vrai courage, de celui qui consiste à ne pas mentir, à préférer la mort à l'injustice, Drumont n'en manifestait guère le 28 octobre 1898.
Il blasphémait, il accumulait les obscénités du « lupanar » sur d'hypocrites réminiscences de la vieille loyauté française.
Tout cela, sans avoir au cœur trace de cette conviction, qui a rendu grandes et héroïques maintes victimes de la sévère législation du « saint roy Loys ».
Rochefort n'avait pas été beaucoup plus satisfait que Drumont de l'audience, tenue le 27 octobre par la Cour de Cassation.
Cependant il avait eu l'esprit de le dissimuler : son factum du 28 octobre, « la Volonté nationale, » s'en prenait surtout au Président de la République :
Le « soliveau de l'Elysée » était de meilleure composition que le « saint roy Loys ».
ni le pouvoir de son prédécesseur du treie, ni son âpre sévérité contre le blasphë-
ttctum de Rochefort :