RODOGUNE, ORONTE
a Ue ferons-nous , Oronte , en ce péril extrême , Où l’on fait de mon fang le prix d’un diadème? .t uironc-nous chez mon frere ? Attendrons- nous la mort ?
Ou ferons-nous contr’elle un généreux effort ? ORONTE.
Notre fuite, Madame, efl affez difficile ,
J’ai vû des gens de guerre épandus pir la ville >
A ces honteux moyens gardez de recourir ,
C’eft ici qu’il vous faut , ou régner , ou périr.
Le Ciel pour vous ailleurs n’a point fait de couronne. Et l’on s’en rend indigne alors qu’on l’abandonne.
Ah; Que de vos confeils j’aimerois la vigueur.
Si nous avions la force égale à ce grand cœur !
Mais pourrons-nous braver une Reine en colère. Avec ce peu de gens que m’a laiffé mon frere ? ORONTE.
Ils font peu , mais vaillans , & peuvent de fa rage Empêcher la furprife , & le premier outrage.
Craignez moins, & fur tout , Madame, en ce grand jour ,
Si vous voulez régner, faites régner l’amour.