A NT I O CHUS, SELEUCUS- A N T I OC H US
ÎJeUsJ C’eft donc ainfi qu’on traite Lés plus profonds refpeéts d’une amour fi parfaite !
Elle nous fuit , mon frété, après cette rigueur.
N T I O &H ÜS. :
Elle fuie , mais en Parthe , en nous perçant le cœur, S E L E U C U S.
Que le Ciel éftinjufte! Upeame fi cruelle Méritait notre mere , & devoir naître d’elle.
Plaignons-nous fans blafphême.
Ah ! Que vous me gênez Par cette retenue où vous vous obftinez!
Faut- il encor régner , faut-il l’aimer encore ?
ANTIOCHUS
Il faut plus de refpeél pour celle qu’on adore. SELEUCUS.
C'eft, ou d’elle, ou du trône être ardemment épris , Que vouloir, ou l’aimer, ou régnera ce prix.
C’eft & d’elle , & de lui tenir bien peu de compte , Que faire une révolte , & fi pleine , & fi prompte.
RO DO(jU NE; S E L E U C U S. ,
Lorfque l’obéi flan ce a tant d’impiété,
La révolté devient une néceflîré.
La révolte mon frere, eft bien précipitée,
.Quand la loi qu’elle rompt peut être retraitée ; Li'c'tft a nos détirs .trop de témérité.
De vouloir de tels biens avec facilité. .
Le Ciel par les travaux veut qu’on monte à la gloire. Pour gagner un triomphe, il faut une viitoire. Mais que je tâche en vain de flatter nos tourmens f N os malheurs font plus forts q^e ce dégtiifemens , Leur excès à mes yeux paroit un noir abîme ,
Oir ta haine m’apprête à courorîner le crime,, . Ou la gloire ett fans nom, la- vertu fans honneur. Ou, fans un paricide il n’eft point de bonheur ;
Et voyant de ces maux l’épouvantable image,
Je me lens affaiblir, quand je vous encourage, Je frémis , je chancelle , & mon cœur abbatu. : — huit tantpt'fa douleur, & tantôt fa vertu. .
Motifreéé, pardonnez à des djfcours fans fuite. Qui font trop voir le trouble x>lC mon àmeeft réduite.
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Pleurez donc à leurs yeu'x , gémiflez, foupirez; .
Et je craindrai ‘pour vous ce que voüs èfpérez.
Quoi qu’ën votre faveur vos pleurs obtiennent d'elles. Il vous faudra parer leurs haines mutuelles ,
Sauver l’un de l’autre; & peut-être leurs Coups,
Vous trouvant au milieu, ne perceront que vous. C’eft ce qu'il faut pleurer. Ni maîtreffe, ni mere , N'ont plus de choix ici, ni de loix à nous faire:
Quoi que leur rage exige, ou de vous ou de moi, Rodogune eft à vous , puifque je vous fait Roi. Epargnez vos foupirs près de l'une & de l'autre. J'ai trouvé mon bonheur, faiftflez-vous du vôtre.
Je n'en fuis point jaloux ; & ma trifte amitié Ne le verrai jamais que d’un œil de pitié.