SCENE VI
LAONICE, TIMAGENE.
JL Eut-on plus dignement mérirer la couronne ?
TIMAGENE.
Je ne fuis point furpris de ce qui vous étonne.
io RODOGUNE,
Confident de tous deux , prévoyant leur douleur ^ J’ai prévu leur confiance , & j’ai plaint leur malheur. Mais , de grâce , achevez l’hiftoire commencé.
LAONICE
Rodogune a paru fortant de fa prifon ,
Comme un foleil levant deflus notre horifon.
Le Parthea décampé , preflfé par d’aurres guerres Contre l’Arménien qui ravage fes terres ;
D’un ennemi cruel il s’eft fait notre appui ,
La paix finit la haine ;& , jour comble aujourd’hui Dois- je dire de bonne, ou mauvaife fortune ?
Nos deux Princes tous deux adorent Rodogune.
Si- tôt qu’ils ont paru tous deux en cette cour, j Ils ont vû Rodogune , & j’ai vû leur amour ; Mais, comme étant rivaux nous les trouvons à plaindre. Connoiflant leur vertu, je n’en vois rien à craindre.
Pour vous , qui gouvernez cet objet de leurs veux
LAONICE
Et n’ai point encor vû qu’elle aime aucun des deux. T I M A G E N E.
Vous me trouvez mal- propre à cette confidence; Et peut-être à delfein. Je la vois, qui s’avance. Adieu. le dois au rang qu’elle eft prête à tenir.
Du moins, la liberté de vous entretenir.