LE PRINCE
Monseigneur,
'dogune se présente à Votre Altesse avec quelque ' de confiance, et ne peut croire qu'après avoir -a bonne fortune vous dédaigniez de la prendre en protection. Elle a trop de connaissance de yotre ^ur craindre que vous veuîîliez laisser votre imparfait, et lui dénier la continuation des unt vous lui avez été si prodigue. C'est à votre suffrage qu'elle est obligée de tout ce qu'elle a 'i»pplaudissement; et les favorables regards dont vuus plut fortifier la faiblesse de sa naifeance lui • lièrent tant d'éclat et de vigueur, qu'il semblait que is eussiez pris plaisir à répandre sur elle un rayon ^ette gloire qui vous environne , et à lui faire part cette facilité de vaincre qui vous suit partout. Après cela, monseigneur, quels hommages peut-elle rendre a Votre Altesse aui ne soient au-dessous de ce qu'elle lui doit? Si elle tâche à lui témoigner quelque reconnais- ; sance par l'admiration de ses vertus, où-trouvera-t-elle i'{»s éloges dignes de cette main qui foit trembler tous nos ennemis, et dont lés coups d'essai furent signalés ^jar la défaite des premiers capitaines de l'Europe ? Votre Altesse sut vaincre avant' qu'ils se pussent ima- ' giner qu'elle sût combattre; et ce grand courage, qui n'avait encore vu la guerre que dans les livres, effaça tout ce qu'il y avait lu des Alexandre et des César, sitôt qu'il parut à la tète d'une armée, La générale consternation où la perte de notre grand monarque nous avait plongés, enflait Torgueil de nos adversaires en un tel