‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 29 sur 58 · ORONTE · texte numérisé non relu

ORONTE

Notre fuite , madame , est assez difiicile ; J'ai vu des gens de guerre épandus par la ville. Si l'on veut votre perte , on vous fait observer. Ou s'il vous est permis encor de vous sauver, L'avis de Laonice est sans doute une adresse : Feignant de vous servir, elle sert sa maltresse.

1 Racine a dit:

J'ignore le dettin d*ane tite >i ehire?

{Phèdre, aet. 1 . M. l.)

Les deux poètes se sont «ouvenus des vers d'Horace :

« Oq>> detiderio ait pudor aut modua « Tun mri e»pi«U?»

S Asntres-wntê : toyeg aniàrée , et non tâchez de gagner^ comme on Ventendrait «ujoard'hui^

La reine , qui surtout craint de voua voir pégaer, Vous donne ces terreurs pour vous faire éloigner, Et pour rompre un hynen qu'avec peine eUe endure , Elle en veut à voua-Qiénie imputer la rupture. Elle obtiendra par vous le but de ses souhaits. Et vous accusera de violer la paix ; Et le roi ■ plus piqué contre vous que contre eUe , Vous voyant lui porter une guerre nouvelle.

Blâmera vos frayeurs et nos légèretés , , D'avoir osé douter de la foi des traités , Et peut-être , pressé des guerres d'Arménie ^ Vous laissera moquée , et la reine impunie.

A ces honteux moyens gardez de recourir* C'est ici qu'il vous faut ou régner ou périr. Le ciel pour vous ailleurs n'a point fait de couronne; Et l'on s'en rend indigne alors qu'on l'abandonne.

Ah! que de vos conseils j'aimerais la vigueur. Si nous avions la force égale à ce grand cœur! Mais pourrons-nous braver une reine en colère Avec ce peu de gens que m'a laissés mon frère?

OHONTE.

J'aurais perdu l'esprit;, si j'osais me vapter Qu'avec ce peu de gens nous pussions résister. Nous mourrons à vos pieds, c'est toute l'assistance Que vous peut en ces lieux offrir notre impuissance : Mais pouvez-vous trembler quand dans ces mômes lieux Vous portez le grand maître et des rois et des dieu^'î L'amour fera lui seul tout ce qu'il vous faut faire. Faites-vous un rempart des fils contre la mère ; Ménagez bien leur flamme, ils voudront tout pour vous; Et ces astres naissants sont adorés de tous.

Quoi que puisse en ces lieux une reine cruelle , Pouvant tout sur ses fils, vous y pouvez plus qu'elle. Cependant trouvez bon qu'en ces extrémités Je tâche à rassembler nos Parthes écartés ;

1 Oronte raisonne comme Félix dans Polyeucte, il se trompe fiiuie de croire à la bonne foi , croyance rare , et pour cause, <^ea les hommes d'Etat.

2 «< Gomment une femme porte-tpClle ce grand maître? « t'amour maHrê des dieusp eat une expression de miidr igal indigite d'oii aiybassadenr. — Remarquons encore <)Q'oa R^aime i)oiQV ^ v^oir u^ ambassadeur jouer un r61e si peu considérable. » (Voltaire.)

ACTK III, SCKNK II. 5l

Ils M>nt peu I maU ntlllants , fit peuvent (lis ^si rage Emp^^clier la surpr|s< pt le premipr outrage. Craignez moins, et surtout, madame , en ce granU jour, Si vous voulez réçnèr, faites r<^&ncr l'amour '.

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