ANTI0CHU8, SÉLEUCUS
ANTIOGRUS.
Hélas! c'est donc ainsi qu'bn traité Les plus profonds respects d'une amour si parfaite M
SÉLEUCtJS.
Elle nous fuit, mon frère, après cette rigueur.
ANTIOCBUS.
Elle fuit, maison Parthe, en nous perçant le coeur',
SÉLEUCUS
Que le ciel est injuste! Une âme si cruelle Méritait notre mère^ et devait naître d'elle.
ANTIOCHUS
Plaignons-nous sans blaspiième.
SÉUEUQUS.
Ah I que vous me gênez Par cette retenue où vous vous obstinez !
Faut-il encor régner? faut-il l'aimer encore?
ANTIOCHUS
Il faut plus de respect pour celle qu'on adore *,
SÉLEUCUS
C'est ou d'elle ou du trône être ardemment épris ,
t M Obfiervcs qu'elle n'a pa» dit un seul mot de la chose qui pourrait en quelque fmpm lui faire pardonner cette liorrear insensée ; elle devait leur dire au moins : Cléapûtre eout a demandé ma tête , ma $ûreté me forceàvov» demander la sienne,» {Vol^ taire.)
2 K Est-ce ici le temps de se plaindre qu'oh a mal reçu les profonds respects de l'amour, quand il s'agit d'un parricide ? » (Voltaire.)
S Ce vers proverbial est un jeu d'esprit prétentieux et faux. Le * rapprodiement entre la proposition que fait Hodogune avant de se retirer, et les flèches que les Partbcs lancent en fuyant, est une pointe qai n'est ni juste ni tragique.
4 •( Noi-Oii employer ces idées et ces expressions de roman dans no moment si terriMe? » (Voltaire,)
Que vouloir ou Taimer ou régner à ce prix.
ANTIOCHUS
C'est et d'elle et de lui tenir bien peu de compte , Que faire une révolte et* si pleine et si prompte *.
Lorsque l'obéissance a tant d'impiété , La révolte devient une nécessité.
ANTIOGHUS.
La révolte , mon frère , est bien précipitée
Quand la loi qu'elle rompt peut être rétractée ' ,
Et c'est à nos désirs trop de témérité
De vouloir de tels biens avec facilité :
Le ciel par les travaux veut qu'on monte à la gloire ;
Pour gagner un triomphe il faut une victoire.
Mais que je tâclie en vain de flatter nos tourments !
Nos mailieurs sont plus forts que ces déguisements'.
Leur excès à mes yeux paraît un noir abîme
Où la haine s'apprête à couronner le crime ,
Où la gloire est sans nom , la vertu sans honneur,
Où sans un paricide il n'est point de bonheur;
Et voyant de ces maux l'épouvantable image ,
Je me sens affaiblir quand je- vous encourage ;
Je frémis, je chancelle, et mon cœur abattu
Suit tantôt sa douleur, et tantôt sa vertu.<.
Mon frère ,. pardonnez à des discours sans suite.
Qui font trop voir le trouble où mon ime est réduite*
J'en ferais comme vous , si mon esprit troublé Ne secouait le joug dont il est accablé.
Dans mon ambition , dans l'ardeur de ma flamme , Je vois ce qu'est un trône, et ce qu'est une femme; Et jugeant par leur prix de leur possession.
J'éteins enfin ma flamme et mon ambition; Et je vous céderais l'un et l'autre avec joie, Si dans la liberté que le ciel me renvoie,
1 u Faire une révolte cuntre une femme qui a imaginé quelque chose de si noir î Faire une réfioUe n'est pas français.» (Voitatrs.)
2 « On ne rompt point une loi , on ne la rétracte pas ; révoquer est le mot propre : on rétracte une opinion. » ( Voltaire»)
3 «Un déguiiement n'est point fort ; il faut toujours ou le mot propre, ou une métaphore juste . » ( Voltaire.
A Voilà encore de beaux vers.