ACTE v^tgel3ffi:iv
A bien pu sur un fils achever so» ouvrage.
Je ne dénienii point, puisque vous le savez,
De justes sentiments dans oion Ame élevés :
Vous demandiez mon sang, j'ai demandé le votre:
Le roi sait quels motifs ont poussé l'une et l'autre ;
Comme par sa prudence U a tout adouci ,
Il vous connaît peu^^t^e , et me connaît aussi.
( à Antiocfms, ) Seigneur, c'est un moyen de vous être bien chère Que pour don nuptial vous imiooler un itère : On fait plus, on m'impute un coup si pleia d'horreur. Pour me faire un passage à vous percer le cœur.
( à Cléopdtre, ) Où fuirais-je de vous après tant de furie , Madame? et que ferait toute votre Syrie, Où, seule et sans appui contre mes attentats, Je verrais...? Mais, seigneur, vous ne m'écoutez pas!
ANTIOCBDS.
Non , je n'écoute rien , et dans la mort d'un frère Je ne veux point juger entre vous et ma mère : Assassinez un fils, massacrez un époux.
Je ne veux me garder ni d'elle ni de vous.
Suivons aveuglément ma triste destinée; Pour m'exposer à tout, achevons l'hyménée.
Cher frère, c'est pour moi le chemin du trépas; La main qui t'a percé ne m'épargnera pas ; Je cherche à te rejoindre , et non à m'en défendre , • Et lui veux bien donner tout lieu de me surprendre : Heureux si sa fureur qui me prive de toi Se fait bientôt connaître en achevant sur moi *, Et si du ciel , trop lent à la réduire en poudre , Son crime redoublé peut arracher la foudre !
Donnez-moi...
RODOGUNE, ( Vempêchant de prendre la coupe, ) Quoi! seigneur!
ANTIOCHUS
Vous m'arrêtez en v^in :
Donnex.
1 « fin achwant mr mùi dépare nn peu ce morceau , qui est très 'beau; ciehetant demande absolument nn hégime. T,ùut a>« de me iurprmdre est trop fidble; réàtàir* tn pwHârt, trop cornranR.»4f«|lair«.)
RODOGONE.
Ah ! gardez-vous de l'une et l'autre maio !
Cette coupe est suspecte , elle vient de la reine ; Craignez de toutes deux quelque secrète haine.
Qui m'épargnait tantôt ose enfin m'accuser!
De toutes deux , madame , il doit tout refuser. Je n'accuse personne , et vous tiens innocente ; Mais il en faut sur l'heure une preuve évidente : Je veux bien à mon tour subir les mêmes lois. On ne peut craindre trop pour le salut des rois. Donnez donc cette preuve; et, pour toute réplique, Faites faire un essai par quelque domestique '. CLÉOPATRE , ( prenant la coupe, ) Je le ferai moi-même. Eh bien ! redoutez-vous Quelque sinistre effet encor de mon courroux? J'ai souffert cet outrage avecque patience.
AKTiocHus, {prenant la coupe des mains de Cléopdtre,
après qu'elle a &«. ) Pardonnez-lui , madame , un peu de défiance : Comme vous l'accusez , elle fait son effort A rejeter sur vous l'horreur de cette mort; Et, soit amour pour moi , soit adresse pour elle*. Ce soin la fait paraître un peu moins criminelle. Pour moi , qui ne vois rien , dans le trouble où je suis. Qu'un gouffre de malheurs, qu'un abîme d'ennuis, Attendant qu'en plein jour ces vérités paraissent , J'en laisse la vengeance aux dieux qui les connaissent , Et vais sans plus tarder...
Seigneur, voyez ses yeux
i « Apparemment que les princesses syriennes faisaient peu de cas de leurs domestiques ; mais c'est une réflexion que personne ne peut taire, dans l'agitalion oii Ton est et dans l'attente du dénoûment. L'action qui termine cette scène fait frémir, c'est le tragique porté au comble: on est seulement étonné que, dans lea compliments d'Antiochus et de l'ambassadeur, qui terminent la pièce, Antiochus ne dise pas un n)ot de son frère, qu'il aimait si tendrement. *• ( Voltaire.) Que dire après ce vers parti du cœur : O ttif plas aine qa» la tlurté 4a Jour I
S « II fallait peufr^tre dire : ioit intérêt pour $11$. m (Voltaire.)