‹ Rodogune, princesse des Parthes, tragédie: TragédieChapitre 58 sur 58 · EXASBM DB R(»)0GI5ME. W · texte numérisé non relu

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avaR défi queique temps qit*)l était de retour avec 4aa prineea, il aY^ P^ d'apparence qu'il aye * attendu ce grand jour de cérégaonie pour s'iofarmer de sa sœur comment m sont passés tous ces troubles , qu'il dit ne savoir que confiûément. PoLlux, dans Médée, n'est qu'un personnage protatique qui écoute «ans intérêt comme lui ; mais sa surprise de voir Jasooà Corintbe, oà il Yîent d'arriver , et son séjour en Asm , que la mer em sépare , kU donnent juste sujet d'ignorer ce qu'H en apprend. La narraiioa ne laisse pas de demeorer froide comme cetie^^^ parce qu'il ne s'est en* core rien passé dans la pièce qui excite la curiosité de l'auditeur, ni qui lui puissedonner quelque émotion en l'éûMilant ; mais si vous vouiez réfléchir sur celle de Oiriace dans l'^oroce^ vous trouverez qu'elle fait tout un autre effet. Camille , qui l'écoute , a intérêt, comme lui , à savoir comment s'est £aite une paix dont dépend leur niariage; et l'auditeur, que Sabine et elle n'ont entretenu que de leurs malbeurs et des appréhensions d'une bataille qui se va donner entre deux partis, où elles voient leurs fr^es dan» l'un et leur amour dans Taute'e» n'a pas moins d'avidité qu'elle d'apprendre comment une paix si surprenante s'est pu conclure.

Ces défauts dans cette narration confirment ce que j*ai dit aitieurs , que , lorsque la tragédie a son fondement sur des guerres entre deux État», ou sur d'au* très aflbii^ publiques, il est très-malaisé d'introduire un acteur qui les ignore , et qui puisse recevoir leréeii qui en doit instruire les spectateurs en parlant à lui.

J'ai déguisé quelque chose de la vérité historique en celui^ : Cléopâtre n'éponsa Ântiochus qu'en haine de ce que son mari avait épousé Rodoguae chez les Par*

1 L'usage d'éiTire ait et non ayf a prévalu.

thés ; et je fais qu'elle ne l'épouse que par la nécefisité de ses affaires , sur un faux bruit de la mort de Démétrius, tant pour ne la faire pas méchante sans nécessité, comme Ménélas dans VOreste d'Euripide, qiie pour avoir lieu de feindre que Démétrius n'avait pas encore épousé Rodogune, et venait l'épouser dans son royaume pour la mieux établir en la place de l'autre , par le consentement de ses peuples, et assurer la couronne aux enfants qui naîtraient de ce mariage. Cette fiction m'était absolument nécessaire, afin qu'il fût tué avant que de l'avoir épousée , et que l'amour que ses deux fils ont pour elle ne fît point d'horreur aux spectateurs, qui n'auraient pas manqué d'en prendre une assez forte, s'ils les eussent vus amoureux de la veuve de leur père, tant cette affection incestueuse répugne à nos mœurs !

Gléopâtre a lieu d'attendre ce jour-là à foire confidence à Laonice de ses desseins et des véritables raisons de tout ce qu'elle a fait. Elle eût pu trahir son secret aux princes ou à Rodogune, si elle l'eût su plus tôt; et cette ambitieuse mère ne lui en fait part qu'au moment qu'elle veut bien qu'il éclate, par la cruelle proposition qu'elle va faire à ses fils. On a trouvé celle que Rodogune leur fait à son tour indigne d'une personne vertueuse, comme je la peins; mais on n'a pas considéré qu'elle ne la fait pas, comme Cléopâlre, avec espoir de la voir exécuter par les princes, mais seulement pour s'exempter d'en choisir aucun , et les attacher tous deux à sa protection par une espérance égale. Elle était avertie par Laonice de celle que la reine leur avait faite, et devait prévoir que, si elle se fût déclarée pour Antioehus qu'elle aimait, son ennemie, qui avait seule le secret de leur naissance , n'eût pas manqué de nommer Séleucus pour atné, afin de

EXAMEN DE RODOGUNE. tOl

les commettre Tan contre l'autre , et d'exciter une guerre civile qui eût pu causer sa perte. Ainsi elle devait s'exempter de choisir, pour les contenir tous deux dans l'égalité de prétention, et elle n'en avait point de meilleur moyen que de rappeler le souvenir de ce qu'elle devait à la mémoire de leur père, qui avait perdu la vie pour elle , et leur faire cette proposition qu'elle savait bien qu'ils n'accepteraient pas. Si le traité de paix l'avait forcée à se départir de ce juste sentiment de reconnaissance, la liberté qu'ils lui rendaient la rejetait dans cette obligation. Il était de son devoir de venger cette mort; mais il était de celui des princes de ne se pas charger de cette vengeance. Elle avoue elle-même à Ântiochus qu'elle les haïrait , s'ils lui avaient obéi ; que , comme elle a fait ce qu'elle a dû par cette demande, ils font ce qu'ils doivent par leur refus; qu'elle aime trop la vertu pour vouloir être le prix d'un crime ; et que la justice qu'elle demande de la mort ae leur père serait un parricide , si elle la recevait de leurs mains.

Je dirai plus : quand cette proposition serait tout à fait condamnable en sa bouche , elle mériterait quelque grâce, et pour l'éclat que la nouveauté de l'invention a fait au théâtre, et pour l'embarras surprenant où elle jette les princes, et pour l'effet qu'elle produit dans le reste de la pièce, qu'elle conduit à l'action historique. Elle est cause que Séleucus, par dépit , renonce au trône et à la possession de cette princesse; que la reine, le voulant animer contre son frère, n'en peut rien obtenir, et qu'enfin elle se résout par désespoir de les perdre tous deux, plutôt que de se voir sujette de son ennemie.

Elle commence par Séleucus, tant pour suiyre Tordre de l'histoire, que parce que, s'il fût demeuré en

yJ9 |ipi# AiMjocbus H Bodûguoe, ip'elte vgubut^ix»pfti$09fier j>ubUquexaeyat , il Ie3 aurail f)U venger. £lk me oraixit pas la méxne .cb/)se d'A^Uochus pour son fr^e, d'autant jqu'dUa o'eçpjère^pe le poison vidmi qu'elle lui a préparé lara un efifei assez proiopt pour 1^ faire jonourir ^yaat qu'il aitpu rii^ savoir 4ô ^tte aiUr« mort, ou du;av)ius avant qu'^ l'eu puisse cou vaincu»^ puis^'elleaai lûeu prisâon^ojups pour r^sf^ai^uer, que œ parricide n'a point m de téu^oins^ J'ai parlé aillaurs (te radonciss^menl; qu^ j'ai apporté pour .em{i^her qu'ÀQtiooJuis n'en cçomult uu en la forçanJt de prendre Iç poison qu'elle lui pr<^eute , 0t di^ peu d>ppairen^ qu'il y avait qu'un mon^e^ après qu'elle aexpiré preisque à sa vue, il parlât d'amour et de maria^ A iEiodoguue. Dans l'état où ils rentrent derrière l& théâtre^ ils peu^ vant le résoudre quand ils le jugeront à propos, t'acr tion est oejaiplète, puisqu'ils sont liors de péril; ^ la mort de Séleucus m'a exempté de développer le secret du droit d'aînesse entre les deux J[rères, qui d'ailleurs n'eût jamais été croyable, ne pouvant être éclairci (^e par une bouche eu qui l'on n'a pas vu assez de sÛBicérité pour |ire.udre ancuD^ assurance sur son té- "loignage-

Fin.

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