‹ Roger Bontemps; comédie en trois actes, en versChapitre 100 sur 136 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ANNE-MARIE, puis TOINET,

ANNE-MARIE, très agitée.

Il m'avait bien promis, pourtant!... Que peut-il faire? Oh! mieux vaut qu'il ne vienne pas... Oui, je préfère... Il doit partir demain, je ne le verrai plus...

Allant et venant.

Mon cœur est déchiré de vœux irrésolus... Pauvre Toinet!

Un temps.

Mon père eût consenti, peut-être...

Brusquement.

Non, non... Trop tard!... Il faut ne rien laisser paraître. Trop tard !

Un temps.

Il voulait tout dire à Roger Bontemps... J'aurais dû lui permettre... Oh! comme je l'attends! J'avais cru l'oublier, je l'aime autant qu'il m'aime !

Elle aperçoit Toinet.

C'est lui!... S'il avait pu parler malgré moi-même!

Courant à lui.

Eh bien?

TOINET, tristement.

Je viens te dire adieu... Demain matin. Je pars,"^ pour toujours, je te serai lointain.

ANNE-MARIE

Tu n'as rien dit ?

TOINET.

Non, jusqu'au bout, j'ai pu me taire.

J'ai caché de mon mieux mon trouble involontaire. Oh! mon trouble, d'ailleurs, n'était pas dangereux! On ne voit que bonheur, lorsque l'on est heureux'...

ANNE-MARIE

Tu n'as rien dit?

TOINET.

Vingt fois, j'ai senti sur ma lèvre Comme lorsque, blessé jadis, j'avais la fièvre,

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