‹ Roger Bontemps; comédie en trois actes, en versChapitre 22 sur 136 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

LA BAILLIVE, à Roger Bontemps, Vous !

LE BAILLI, gêné.

Mais...

Assurément.

Un huissier m'est venu porter le jugement. Je suis donc condamné, ma dette est reconnue... Je ne la niais pas, d'ailleurs, je continue... Mais le jugement pris, vraiment, est-ce raison De vouloir maintenant, par surcroît, la prison ?

LA BAILLIVE

Quoi !

Madame, je vous présente Piqueprune Qui m'a fait cet habit dans cette étoffe prune !... Comme tailleur, c'est un artiste, il a du goût... Mais comme créancier, Madame, un vieux grigou! Il exige...

PIQUEPRUNE.

Il faut bien payer, quand on commande !... Sans compter l'habit prune, il m'en doit un... amande, Un autre... fraise...

Un autre... abricot, pour changer.

Bref, toutes les couleurs qu'on voit dans un verger. D'accord !

PIQUEPRUNE.

Plus, un gilet.

Est-ce que je chicane ?

PIQUEPRUNE.

Non, mais...

Ai-je reçu l'huissier à coups de canne ? T'ai-je donné du pied ou tapé sur les doigts ?

PIQUEPRUNE.

Mon argent...

... T'appartient, puisque je te le dois !

PIQUEPRUNE.

Je le veux dans ma poche !

Eh ! qu'en saurais-tu faire ?

Une poche ?... Pourquoi la tienne?

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