ACTE II, SCÈNE I IO
J'ai touchés... Monseigneur est un homme prudent...
Le premier n'étant qu'à la fin de la semaine,
Il faut bien, décemment, que quelque argent m'y mène!
FÉLICIE
Mais qu'est-ce qui l'a pris d'être si généreux, Ce gouverneur?... Pourquoi?...
Pour que je sois heureux ! . . .
Je lui plais... Ce qu'il aime en moi, c'est ma science De tout prendre, ici-bas, avec insouciance... Cet homme, il m'apprécie... Il est intelligent...
FÉLICIE
Qu'est-ce que vous allez faire de tant d'argent?
Ne t'inquiète pas!... J'ai mon plan dans ma têtel
FÉLICIE
Oui, oui... Ce ne sera que bombance et que fête!
Dame !
FÉLICIE
Eh bienînon, Monsieur!... C'est moi qui vous ledis. Cet argent qui vous tombe ainsi du paradis.
C'est le bon Dieu, non le diable, qui vous l'envoie, Pour vous ramener hors de la mauvaise voie!
FÉLICIE
Vous pouvez m'en croire, allez î... Car, entre nous, Monsieur, eh bien, j'étais fort en peine de vous!
Quoi?
FÉLICIE
Mais oui !.. . Tout Roger Bontemps que l'on vous nomme, Vous n'êtes plus d'un âge à faire le jeune homme!
Qui, moi?
FÉLICIE
Pas le voisin, bien sûr!... Il est grand temps De vous ranger!... Vous avez près de quarante ans!...
C'est la pleine jeunesse et c'est la pleine force!
FÉLICIE
La branche reverdit, mais le vieux tronc s'écorce... Vous êtes jeune encor... N'empêche que, déjà.