ACTE II, SCÈNE III
Ne pouvez-vous gagner quelques jours ?. . . Rien ne presse ! Attendez la vendange... Ah! c'est une raison, La vendange!... Les jours de Tarrière-saison, Avec leurs ciels légers, leurs feuilles jaunissantes, Sont les plus doux qui soient pour marcher dans les sentes.
LA DAME
Hélas! je dois partir.
Mais qu'est-ce qui vous prend?
LA DAME
Il faut... Je n'ai plus rien à me mettre en rentrant! Et pour les premiers bals, il faut que je sois prête... Déjà, depuis huit jours...
Oui, vous étiez distraite.
LA DAME
Un peu... Mais j'ai pensé, tout à coup, ce matin... Je n'ai plus une seule robe de satin!...
Ah!... C'est assurément une raison qui compte, Autant que le plaisir de retrouver le comte.
LA DAME
Vous VOUS moquez?
Je n'aurais garde...
LA DAME
Si, je vois...
D'abord, vous avez pris une méchante voix!
ROGER BONTEMPS, douccment.
Moi?
LA DAME
La voix peut être méchante, en restant douce... Si, si... Je vous connais... Votre nez se retrousse... Vous m'en voulez... Si... si... Vous n'êtes pas content. Et vous avez bien tort... Comprenez donc, pourtant, Que voici la saison où le jour diminue... Les matins sont glacés, la bise est revenue...
C'est le temps de « danser maintenant », et l'amour Diminue encor bien plus vite que le jour.
LA DAME
Mon ami!
Soit!... Excusez-moi, je vous en prie!