‹ Roger Bontemps; comédie en trois actes, en versChapitre 60 sur 136 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

LA DAME

Croyez bien que, vraiment, cela me contrarie... Je sens que... j'aurais dû plus tôt vous prévenir... J'ai l'air de me sauver...

Moi, de vous retenir... Mais non... je sais parfaitement que j'exagère. En prenant trop à cœur notre amour bocagère... Nous nous sommes, tous deux, rencontrés un beau soir, Et vous m'avez permis, près de vous, de m'asseoir... Vous étiez seule, oisive, et, d'avance, amoureuse... La campagne, à la fin, rend un peu langoureuse... Vous ne saviez que faire, ici, de vos dix doigts... Enfin, bref...

LA DAME

Oui, je sais tout ce que je vous dois...

Nous nous sommes aimés... Amour sans conséquences... Dont les devoirs étaient des devoirs de vacances!... Ils devaient prendre fin avec votre séjour... Il se trouve, aujourd'hui, que c'est un mauvais jour.

LA DAME

Pourquoi ?

Pour rien.

LA DAME, sans insister.

Je ne veux pas être importune,

Vous savez que, depuis hier, j'ai fait fortune...

LA DAME, indifférente.

Ah ! tant mieux!

Vous plaît-il que ce soir, au départ?

LA DAME

oh! cela fait jaser les gens... Et, pour ma part...

Puis, toujours la minute est un peu douloureuse... Allons, adieu!... Soyez belle!... Soyez heureuse!... Et, si vous rencontrez quelque brillant vainqueur. Tâchez de ne pas trop donner de votre cœur.

LA DAME, en souriant.

Comptez sur moi.

Elle sort.

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