‹ Roger Bontemps; comédie en trois actes, en versChapitre 8 sur 136 · ACTE I, SCÈNE III If · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III If

RONDELET

Puis, je ne sais pas lire, Après tout!... Mais toi, tu lis trop!

ANNE-MARIE

Si l'on peut dire...

RONDELET, montrant le livre qu'Anne-Marie tient à la main.

Qu'est-ce encore que ce bouquin? Quelque roman? Quelque embrouillamini de poète?

ANNE-MARIE, en souriant.

Oui, maman...

RONDELET

C'est ce Roger Bontemps qui te farcit la tête Avec tout le fatras des livres qu'il te prête...

ANNE-MARIE

Il en a de si beaux, qu'il sait si bien choisir!

RONDELET

Oui, naturellement... Il te gâte à plaisir! Tu ferais beaucoup mieux...

ANNE-MARIE

Chut! Pas de gronderiel

RONDELET, suivunt sofi idée.

De t'occuper un peu de notre hôtellerie...

ANNE-MARIE

Je surveille...

RONDELET

Oui, du bout des yeux... Non, non, vois-tu, J'y tiens, à mon hôtellerie, en vieux têtu!... Mon orgueil n'admet pas qu'aucune autre la vaille! C'est pour toi, mais pour elle aussi que je travaille! Je suis ambitieux d'augmenter son renom!... Peu me chaut, un lundi, qu'elle soit pleine ou non. Mais j'enrage quand ces coquines — Dieu les damne! — Dont il faudrait battre le dos, comme un dos d'âne...

ANNE-MARIE, l'interrompant.

Paix ! Paix ! ne vous irritez pas !

RONDELET

Le sang me bout!...

Si l'on a deux bons pieds, c'est pour être debout. Que diable !

ANNE-MARIE, souriant.

Assurément! Mais, sans que je précise, Dieu nous donna... tout ce qu'il faut pour être assise.

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