‹ Roger Bontemps; comédie en trois actes, en versChapitre 92 sur 136 · ACTE II, SCÈNE X iSf · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE X iSf

ANNE-MARIE

SI j'avais pu savoir!... Je ne me doutais guère...

TOINET.

Je devais être libre à la fin de la guerre...

Mon capitaine me protège... On aurait pu...

Mais tout s'effeuille en moi, comme un bouquet rompu...

Avec un mouvement pour sortir.

Puisse la mort bientôt prendre mon cœur pour cible!...

ANNE-MARIE, Zé r^/ma«/. Mon Toinet! .

TOINET.

Mais enfin, comment est-ce possible?

ANNE-MARIE

Hélas!

TOINET.

J'étais si gai de rentrer en vainqueur!... Juste à cette minute, avec ce même cœur Dont tu m'aimais jadis...

ANNE-MARIE

Ohl ce n'est pas le même!...

TOINET, avec amertume.

Je sais...

l86 ROGER BONTEMPS

ANNE-MARIE

Non, va!. ..Toi, je t'aimais... C'estluiqui m'aime ! J'avais pris mon parti d'être heureuse à moitié... Crois bien que je l'épouse avec mon amitié...

TOINET.

Peut-être n'est-il pas trop tard...

La cloche sonne au loin.

ANNE-MARIE

Entends!... La cloche!...

Elle sonne pour moi, pour nous, comme un reproche... Je me suis engagée en lui donnant ma main... Nous suivrons, il le faut, chacun notre chemin...

Non, non... je ne veux pas... Non, non... Écoute, écoute... S'il pouvait seulement savoir comme il t'en coûte... Il nous aime, il nous a vus grandir tout enfants... Je lui dirai... je suis bien sûr...

ANNE-MARIE

Je te défends !

Nous n'avons pas le droit...

TOINET.

Si, moi.

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