Guérard, II, p
10. Guérard, II, p. 58. VA sous le règne suivant afTr. de Sucy, septembre 1272, Guérard, II, p. 189. Pour Oéteil, on n'a que des manumissions individuelles.
11. Deux actes de .Jean d' Verres (novembre et décembre 1260), — conlirmation de l'un d'eux jiar le roi (Paris, décembre 1261), un acte de Ciuillaume d'Yerres (janvier 1262) dans une conlirmalion royale de même date, Paris : le tout Archives de Seine-et-Oise, A 1005. On peut ajouter q;i'en mars 1254 a. s. (1-28 mars 1255 n. s.) un clievalier, nommé Simo;i de Corbeil, affranchit 36 serfs ou serves, habitant viaisemblablemcnl la ville de Corbeil ou les environs : acte contenu dans un vid'nms par Saint Louis, même date, Rovauniont : lutin 9778 fol. 255 v^ et.JJ 26 fol. .369 x".
la franchise, et la désiraient ; ils l'obtinrent, qui un peu plus tut, qui un peu plus tard, de leurs seigneurs respectifs, évêques, chanoines et moines, chevaliers, ou roi.
Telle est, pour les environs de Paris, la leçon des faits. Les érudits à qui les archives du Laonnois et du pays de Pierrefonds sont famiUères pourront, en ce qui concerne ces contrées, répondre à la question que je posais plus haut. Il est permis de supposer que les résultats de leurs recherches ne différeront pas sensiblement de ceux que je viens d'exposer ^.
Saint Louis n'a pas distribué étourdiment la liberté. Il a fait comme beaucoup de ses sujets, il l'a quelquefois vendue. Rien de ce que nous savons de lui ne permet de s'étonner d'une pareille attitude. Ce mystique était un homme de bon sens. Aussi bien il respectait jusque dans les plus petites choses la coutume, que les meilleurs esprits de son temps confondaient avec le droit-; comment eùt-il songé à abolir sans compensation le servage,, consacré par la plus antique tradition ?
Faut-il donc renoncer à découvrir, dans les actes d'affranchissements émanés de saint Louis, la marque propre d'un règne qui, parmi tous ceux des Capétiens, garde son originalité et sa couleur particulière ? Je ne le crois pas. Saint Louis gouvernait. Cette âpreté passionnée qui caractérisera l'administration royale, sous ses successeurs, plus faibles et souvent dominés par leurs agents, n'apparaît de son temps que contenue encore. Jamais on n'avait vu sur les terres de la Couronne tant de manumissions. Le roi les accordait sans peine ; mais il ne cherchait pas, comme on le fera plus tard, à les provoc[uer artificiellement. Exactement synchroniques des manumissions seigneuriales, elles s'accordaient au mouvement social de la région et du moment. Elles étaient octroyées à prix d'argent. Cela semblait aller de soi. L'important était ce que représentait ce prix. Dans deux cas nous savons par les actes de franchise eux-mêmes comment il devait être établi. Les paysans de la châtellenie de
1. De raffranchissemcnt de Janville on peut rapprocher celui qui fut accordé en février 1200 par le chapitre Sainte-Croix d'Orléans aux serfs demeurant « en sa terre de Beauce ». Ed. Mémoires soc. archéol. de l'Orléanais, XV, p. 443 et Cartulaire de Sainte-Croix d'Orléans, p. 406. De ceux du pays de Pierrefonds et du Laonnois l'aftr. des serfs de la trésorerie de Laon cité plus haut, p. 27, n. 3.
Pierrefonds, taxés chacun sur l'ensemble de sa fortune payèrent un sou pour livre (5o/o) ; les serfs de Paray, affranchis en 1258, taxés sur leurs biens meubles seulement, deux sous pour livre (10 o/o). Ces taux, dès le premier abord, semblent modérés. Ils nous le paraîtront plus encore tout à l'heure. Bien des hommes ont jadis comparé le temps de Philippe le Bel à celui de Monseigneur saint Louis ; vivant sous le petit-fils, ils vantaient le règne du grand-père. Leurs regTets étaient-ils simplement l'effet de cet éclat chimérique dont s'enveloppent aisément les choses qui ne sont plus ? Nous aurons l'occasion de comparer, comme eux ; nous comprendrons alors que pour préférer le passé au présent, les affranchis en particulier eurent quelques raisons assez solides.
Voyons maintenant comment, après la mort de saint Louis, l'administration royale <■< exploita » sur le domaine ces deux grandes sources de revenus ; les droits servîtes, et les affranchissements.