Cille le Gras, en
Compte d'un receveur des foires de Champagne : Longnon, Documents, III, p. 157 l. *
§ 3. La comptabililé des collecteurs des mainmortes et formariages.
Les comptes des collecteurs des mainmortes qu'un hasard favorable nous a conservés fournissent sur la perception des droits servîtes un
1. Lève les annales dans les diocèses de Reims, Châlons, Laon et Soissons en 1^00-1301 (Mignon, c. 483) ; paraît avoir été à un certain moment chargé de l'administration' financière de l'Hôtel. J. Viard, Journaux du Trésor de Philippe VI (Documents inédits), c. 41C3.
2. Lève la subvention pour l'ost dans le baillinj^e de Vitry en 1304 (Miijnon, c. 1537), la régale dans le diocèse de Cliàlons en 1312-1:513 '(Ib., c. 237). Chargé sous Philippe le Long d'une mission en Vermandois (Journaux du Trésor de Charles IV, c. 82.54 ; cf. Sliynon. p. 362).
3. Gérard Gaite est également indiqué comme receveur de Champagne en 1310 par Mignon, c. 87. cf. c. 38. Sur ce personnage, cf. .Marcellin Boudet, Revue d'Auverc/ne, XX, p. 390.
4. Mentions de collecteurs opérant en Champagne ou dans les bailliages champenois dans un jui-'ement du 10 mars i:,o:i ( lin^ 111 1 p. 84 n°xxvii : dans une liste (VArtiruli remis au Parlement en 1312 (ai)rès les octaves de Brandons : 20 mars) : X 1 a 3. fol. 86 V (deux mentions).
témoignage extrêmement utile ; mais leur interprétation est délicate et leur précision est sans doute moins parfaite qu'elle ne le paraît au premier coup d'œil. C'est qu'un premier coup d'd'il ne sufïit point. On ne saurait employer correctement des documents de cette sorte sans s'astreindre à établir d'abord les règles techniques qui en ont déterminé la forme. Problème ennuyeux et insigniliant en apparence ; en fait, problème important de critique des textes ^
Délégués directs du roi, les collecteurs des mainmortes, à l'origine, soumettaient directement les résultats financiers de leur gestion à la commission de la Cour royale chargée de la vérification générale des comptes : chambre aux deniers ^, plus tard chambre des comjAes. Cette pratique s'est maintenue longtemps. Pour chaque exercice, ils présentaient la balance des recettes et des dépenses, Mais la durée des exercices eux-mêmes n'étaient pas fixe. C'était le cas-, à l'époque, pour tous les agents qui demeuraient en dehors de la comptabilité, beaucoup plus régulière, des baillis ou sénéchaux. Les écritures des collecteurs étaient arrêtées en général à l'un des trois termes en usage : (Chandeleur, Ascension, Toussaint. Mais il arrivait qu'un compte arrêté à l'Ascension eût pour point de départ la Toussaint au lieu de la Chandeleur ^, un compte de la Toussaint la Chandeleur au lieu de l'Ascension^ . D'autres, indépendants le plus souvent des termes habituels, s'étendaient sur une année entière ^, sur plus d'un an ^, sur deux ans ' et plus ^, sur trois ans ^ et plus ^°, voire même sur cinq années ^^. La vérification ne se faisait pas simplement sur examen des pièces. Celles-ci devaient être présentées par les collecteurs eux-mêmes — ou du moins (puisqu'ils travaillaient deux par deux) par l'un d'entre eux. Le collecteur qui s'était ainsi rendu à Paris pro eundo ad compotos inscrivait ses frais de déplacement parmi les dépenses de l'exercice suivant ^^.
Pour l'établissement de la balance des recettes et des dépenses et l'apurement par les gens des comptes, deux méthodes ont successivement été employées.
De la première, nous n'avons d'autre témoignage que le plus ancien
1. J'ai dans celle étude eu pour fiuidc le livre précieux de M. Borrelli de Serres, Recherches sur dincrs serviccH i)iiblics. On n"en saurait penser Iroj) de bien, et il est difficile de ne pas en penser un peu de mal. Pourquoi faut-il qu'un tel niépi'is <le la l'orme v siàte tant de |)atience et de sagacité ?