‹ Rois et serfsChapitre 68 sur 87 · Jb., c · texte numérisé non relu

Jb., c

11. Jb., c. 1966. Il s'agit, il est vrai, d'un compte ù'cnquclciir des mainmortes.

des documents provenant do cette liasse qui, si heureusement dérobée jadis par un érudit indélicat, nous permet d'étudier aujourd'hui la gestion des collecteurs des mainmortes, ("'est un rôle en français sur lequel ont été inscrits les comptes du collecteur Nicolas de la Sogne depuis sa nomination en Avril 1282 jusqu'à l'Ascension 1284. Les comptes sont établis exercice par exercice. Mais, vraisemblablement, Nicolas, tout en opérant à chaque terme ses versements au Trésor, avait négligé de justifier, à chaque terme également, des résultats obtenus par lui. Il se contenta d'envoyer, au moment où sa charge prit fin, un exposé d'ailleurs fort détaillé. C'est le rôle en question. Robert Mignon l'a inventorié. Nous en possédons deux fragments ^ Aon videlur fuisse auditus, note Robert Mignon. Nicolas de la Sogne semble donc s'être borné à un simple envoi, évitant de venir en personne présenter sa justification. Il avait sans doute pour cela d'excellentes raisons. Le seul des deux fragments conservés qui couvre un exercice complet laisse déjà peser quelques doutes au moins sur la correction de sa comptabilité, puisqu'on y relève entre le produit net de ses opérations (obtenu en déduisant les dépenses des recettes, ce que Nicolas avait omis de faire) et la somme versée au Trésor, une difïérence fâcheuse. Mais il y a plus. Il fut accusé, par la suite, d'avoir reçu, en divers lieux, de diverses personnes, certaines sommes d'argent sans les porter à l'actif du roi^. Un procès lui fut intenté. Il est juste d'ajouter que nous en ignorons la conclusion.

Les comptes de Nicolas de la Sogne sont disposés sur deux colonnes. Dans la colonne de gauche sont inscrits les esplez (exploits), c'est-à-dire les recettes. Un article distinct est consacré à chaque somme perçue à titre de mainmorte ou de formariage. Le nom du serf qui s'est formarié ou dont la succession est échue au roi est chaque fois soigneusement noté. Aucune classificartion du reste : mainmortes et formariages s'entremêlent sans ordre. Dans la colonne de droite, en face de chacun des esplez mentionnés à gauche le collecteur a porté les despens correspondants. Pour chaque article, il indique l'ensemble de ses débours sans en donner le détail. Mais voici, écrits en tête du premier fragment, la rubrique qui répond à la colonne de gauche ; elle est parfaitement explicite. « Ces sont li despens que Nicholas a fait a la poursuite d'aler arrester, seisir et revendre icelles [les mainmortes] et de esclarcir les desbaz quant aucun les i metoit ou a mis, tant par plet ; et en tele manière a il fet des mesmariages ». Ce sont donc, pour chaque somme perçue, les frais de perception : frais infiniment variables d'ailleurs, et

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