‹ Rois, prêtres et castesChapitre 20 sur 29 · HYMNE A BRAHMA · texte numérisé non relu

HYMNE A BRAHMA

Adoration à toi, dieu aux trois formes, âme qui seule existais avant la création, et qui, après elle, voulus te diviser pour former les portions distinctes des trois qualités.

Parce que tu as semé au sein des eaux une féconde semence d'où sont nés, ô toi qui n'es pas né,. tous les êtres mobiles et immobiles, on te célèbre comme l'auteur de l'univers.

Manifestant par trois conditions ta grandeur, tu as l'honneur d'être la seule cause de la naissTtnce, de la durée et de la mort.

Ineffable androgyne, tu as divisé ta forme par le désir de créer : la cause fécondante et la cause fé-condée, tes deux portions. C'est ce qu'on appelle le père et la mère de l'univers, qui prend part luimême à sa propre génération.

Tu as divisé le jour et la nuit d'après la mesure de ton temps ; car ta veille et ton sommeil sont la naissance et la mort des créatures.

Tu es la cause du monde et tu n'as pas de cause ; tu es la fin du monde et tu n'as pas de fin; ta es le premier au monde et rien ne fut ayant toi ; tu es le premier maître du monde et tu n'as pas de maître.

C'est par toi-même que tu te connais; c'est par toi-même que tu te crées, et quand ton œuvre, le monde, est arrivée à sa fin, tu te résous en toi-même.

Tu es liquide, tu es solide par Tadhésion des parties; tu es épais, tu es mince, tu es lourd, tu es léger, tu es visible, tu es invisible ; rien n'empêche ta volonté dans l'exercice de les facultés surhumaines.

Tu es l'origine des paroles qui ont la syllabe Aum pour commencement, les trois accents pour inflexion, le sacrifice pour œuvre, et le warga pour récompense.

On t'honore comme la nature qui opère, grâce à l'âme universelle; on dit que tu l'es toi-même, cette âme universelle, impassible, impassionnée, qui voit tout.

Tu es le père des pères, tu es le dieu des dieux, tu étais avant ce qui fut le premier, tu es le créateur des créateurs.

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3i4 LES ROIS, LES PRÊTRES

dans la vérité, l'holocauste, le gazon sacré, la voie sainte, le sacrifice et roffrande; parmi les corps, les demeures, les unions; dans la voix, le rire et le chemin du salut; dans la sagesse, le plaisir, le savoir, l'expérience, la science divine et la haute intelligence ; tu es au-dessus de ce qu'il y a de plus grand dans les mondes, dans les mystères, dans l'universalité des choses, dans les jours et dans les saktis; parmi les dieux et les souverains, dans les secrets de la nature et les éléments. Enfin c'est ta substance supérieure et sainte qui, unie à tout ce qui existe, le conserve et le vivifie.

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