PRIÈRE A SIVA
Je t'adore, 6 dieu, qui étends au loin ton empire, qui as créé l'univers et formé ce inonde visible, qui le distingues par ta justice et ta bonté, maître universel dont le corps est ferme et solide I
Je t'honore, roi des dieux, qui détruis les péchés, qui remplit de ta grandeur le monde entier, qui, maître et protecteur de ce grand tout, as d'abord été contenu au sein des eaux.
Je m*humilie devant toi, souverain gardien du monde, qui, sous la forme d'un pénitent, as donné la mort aux chacals destructeurs envoyés par Aadra, matrice de l'univers, dieu que l'on peint tantôt avec des yeux horribles, tantôt avec un regard agréable.
Puissé-je obtenir une vigueur éternelle par toi, seigneur unique du monde, toi dont ce grand tout est le corps, toi dont il est impossible de détruire la solidité, toi qui es le plus grand de ceux qui boivent le soma et sont nourris de lumière I
Je t'adore, dieu protecteur, maître souverain, que l'on appelle Alharwana, toi que l'on célèbre pour ta belle tôte, source de tous les ôtres, toi qui es aussi sage que vaillant, terreur des Dànavas, toi qui es la matière du sacrifice, objet d'admiration pour ta beauté, objet de terreur pour ta laideur.
Sois-moi toujours favorable, souverain seigneur, àme suprôme dans laquelle se meut et s'étend la décevante magie du monde, dieu d'amour pour les êtres qui entrent dans l'existence, planant dans un char merveilleux au-dessus de ton œuvre que tu animes.
Je t'adore, grand dieu, père de cet univers que
tu parcours par des routes invisibles, auteur de toute beauté, de toute justice forte et vénérable, arbre mystique, distingué par tes brillants rameaux, déité terrible aux mille yeux, aux cent armures.
Je te vénère, toi qui es la pureté, la dévotion, la tranquillité, toi qui effaces le péché, être universel appelé Samthon et Senkara, roi des mauvais génies, taureau puissant qui portes le poids du monde, toi dont le front est orné du croissant de la lune, toi qui sers de voie aux organes des sens.
Je t'implore, toi qui es comme la pierre qui aiguise l'activité des êtres, taureau mugissant avec force, être aux aspects divers, tantôt parfait et juste, tantôt faux et inerte, brillant de richesses, escorté d'animaux sauvages, puissant, ferme en ta dévotion et armé du trident.
Je m'incline devant toi, dont la force est infinie et la fermeté inébranlable, premier des êtres, maître et victime du sacrifice, toi qui es l'offrande de la piété, le bras des mondes, le compagnon du destin, le Dwiga désiré des hommes de bien.
Je t'adore, ô rejeton de Prisnil orné de mille qualités supérieures, paré de ta seule beauté, cou-
ronné de gloire, ami de Tordre, agréable par tes formes, esprit de pureté, actif et vivifiant, source de justice pour les bons, source d'égarement pour les méchants.
Je t'invoque, dieu consolateur, maître des quadrupèdes, toi qui es YAum mystérieux du dévot, toi dont la tête brille de tant d'éclat, dont la main tend l'arc avec tant d'habileté et manie les armes avec tant de force.
Protége-moi, dieu unique, toi qui es aussi la volupté, et le passé et l'avenir, toi qui es l'hôte de tous les êtres, qui triomphes de la mort, qui terrasses les ennemis, et, souverain dispensateur des biens, répands au loin ta splendeur.
Pour l'encouragement des hommes vertueux, exauce-moi, toi qui seul jouis en maître de l'empire des mondes, qui seul donnes au vent leur haleine impétueuse, qui peux, dans ta bonté, nous accorder une éternité embellie par les chants de Sama.
Conserve-moi, ô toi qui envoies la mort à tes ennemis, toi dont les membres apparaissent sous tant de formes, toi qui, en la qualité de Brahma, as pris plaisir à créer les mondes les plus élevés, et en qua-
lité de sage Brahmane, as formé l'essence originelle des six devoirs, laquelle consiste dans la récitation des mystérieuses vidlaritis.
Sois mon défenseur, ô Sambhou, 6 Sancara, t^ toi quiesla véritable parure et l'éternelle sagesse, loi quiestoutsentiment, qui donnes la vie, qui portes sur tes épaules la peau d'un tigre, qui es la moelle du monde et le maître de toute pureté.
J'implore ton secours 6 Roudra, dieu des diL-ux, toi que l'on surnomme Tcyambaca, auteur de inute richesse, toi qui enseignes aux brahmes leur di^voir, qui combles les vœux des sacrificateurs, toile premier des biens, seigneur victorieux dans les combats.
Sois mon soutien, 6 Roudra, toi qui es la bouche des dieux, la mort de l'impie, le soma du sacriliciî, l'être parfait, le témoin de nos actions, la voia de tous les êtres, le mattre des mauvais génies, le divin instituteur savant dans la science de la morale.
Défends-moi, 6 Roudra, toi qui es l'incomparable, le grand sacrificateur, la fin, le milieu etiecominencernent du monde, formé de mille membres ■ l de niilie tètes, toi que les dieux invoquent de tant ilo
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manières dans leurs actes de dévotion, seigneur composant les trois mondes.
Je t'adore, 6 maître divin, toi qui as pour siège une peau de gazelle, saint pénitent orné d'une ceinture, toi qui dispenses le bonheur et fais redouter ta colère, toi exempt de péché, âme de tous les êtres revôtus d'attributs matériels, toi qui portes la djata, toi qui es le premier des liens.
J'ai recours à toi, 6 Roudra, dieu des dieux, toi qui es la pureté de tout ce qui est pur, l'acte de l'homme vertueux, la fin du grand Mahat, toi qui as cent âmes, toi qui es célébré comme le maître du taureau.
Je me prosterne devant toi, être spirituel et caché brillant de ta propre lumière, toi dont le nom est un mystère, cause incessamment renaissante d'un monde éternel, dieu resplendissant de clarté, et paré d'organes matériels.
Préserve-moi de tout mal, ô toi qui es à la fois la fécondité et la stérilité, atome imperceptible des éléments décomposés, substance unie des corps organisés ne devant ta naissance qu'à toi-même, essence universelle, être doué de la pensée et du bonheur, brillant comme la pierre précieuse.
Conserve-moi, ô seigneur, toi qui es placé près et loin de nous, toi qui, dans les cérémonies du Srâddha, diriges les dévots pleins de foi, toi maître des divers ordres de Dieu, des hommes vertueux, toi qui perfectionnes les six espèces d'œuvre de Brahmane.
Efface mes péchés, ô dieu des dieux, toi qui es l'ennemi de toute faute commise par la pensée, toi qui, par une action libre, crées ou changes les choses, qui as été et qui seras, qui ugites tes armes menaçantes et qui es tout l'éclat de l'homme vertueux.
Protége-moi, maître des dieux, toi qui renfermes l'océan de tous les êtres, toi qui de tes flèches terribles as brûlé ies orgueilleux pécheurs, qui dans le Tripoura employaient la magie pour soutenir leurs perfides projets.
Sauve-moi, seigneur dieu, toi qui te plais à abattre le bonheur des heureux, qui •interrompit jadis le sacrifice de Dakcha et confondis les projets des dieux assemblés, toi qui es le seul sage, le commencement et la fin de tout sacrifice.
Sois-moi toujours ' favorable dans les sacrifices, toi qui es l'immortelle pensée, toi heureux, toi
parfait et grand, qui après avoir créé le monde, en diriges les ressorts secrets , toi qui es le premier de ceux qui doivent posséder les six qualités.
Accorde-moi le bonheur, ô dieu qui connais les trois temps, qui es la source naturelle de toute bonté, pasteur des pasteurs, avare de tes dons envers les méchants, premier être de cet univers, terrible pour les ennemis, protecteur de la vertu, toi qui autrefois as produit de ton corps le grand Hari, toute la création, Brahma et ses fils, les Brahmanes et Soma, roi d'un monde qui est ton ouvrage.
Roudra, toi qui as donné l'existence à tous les êtres, toi qui es la fin et le milieu, la force et la puissance, toi de qui vient la science sacrée, âme vivifiante et secrète, maître généreux et sans cesse accompagné d'animaux sauvages, substance universelle, seigneur surnommé Tryambaca, toi qui portes le signe du linga et celui du bliaga, Dieu qui es en même temps Oumà, Oumâdont le sein contient tout, ô Mahàdéva, après toi et elle, il n'est pas un troisième être. Tu es tout, tu es Vlswara de tout.