SOCRATE
Je ne le crois pas : c'est à deux ou trois stades audessous, au gué du fleuve qui conduit au temple d'Agra, il doit y avoir sur le chemin un lieu consacré à Borée.
PHÈDRE
Je n'avais pas fait attention. Mais dis-moi donc, ô Socrate, ce que tu penses de ce mythe ? Estil vrai î
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Si, comme certains philosophea.je n'y croyaU put, cela ae me générait guère. Je pourrais^ comme \m autres, inventer quelque merveilleuse explication. Je dirais ,par exemple, que Borée, le vent du nord, jeta Orithye au bas des rocher» au milieu do cm eaux avec Phannacé, sa compagne, et que ii't^tant tuée ainsi, on prétendit que Borée l'avait enl«V'5c «n ce lien on à l'Aréopage, car je ne aaix lequel des deux liquides doit ^tre préféré. Main f>our moi, Phèdre, il me parait qne ces ingénieun'j» «xplt/»tions m^rtlent beau<?oup trop l'esprit k la t<>rtur';... Pois, après avoir rejeté cette fab!';, que d'aulrem tm fandra-t-il pas sacrifier! les mythfrf d'îX \ii\i\)'>"Mtitaures el I?^ chimères. Enïuite.on w: trouva iitt \/r^jsenee dî* Gorçon^, df« Pégaw:», et aulfr* ''.rhAiimn aussi abEorde-J. Que 4»; t*Bjpï uij h'Aum-. '\*i'i fi", 'iT'itrait pas  tcults %( &:-C'jL.t r':y.-/i'^<i*^:*,nH fh'rttraitil pas â les çxj:.;>ju^l (^-^att â k.oj, y: i/aj (/»» !« temp* de iï,''>x-sj»tT de V/it** '>■> ';':.'a^* ; j>o »yii( encore au ^t,:.-::^ 6i j'oT4';-e et i*H.\.':.'r% ^ 4 «i'^* tndier i:.'.i-i:,4îi.*.., Q-o; Cï p.>* aUvc;'; 'i<i'<iit boicme ç-ui ivyy:^'^ d^r î* '---., ,'.t '//;■, ■ ■,-; pMf En etfft»: f.:» tyr '.-.-ji^ 5%» •-■-tf-v;,» fî;,.*-,^w*»,>*
ner devant les traditions absurdes, les légendes qui ne respectent pas le sens commun, plutôt que de faire le plus petit effort de raison, était-ce bien là réellement l'opinion de Socrate» condamné à la ciguë parce qu'il méprisait les dieux de la patrie?... Non, le philosophe n'a eu d'autre but, sous cette forme personnelle d'argument, que de se moquer de ces prétendus rationalistes qui n'ayant ni la foi au miraculeux et au surnaturel, ni le courage de nier ce qu'ils ne peuvent croire, cherchent à mettre d'accord les légendes sacrées transmises par la tradition et les conquêtes de la science.
Qu'on ne s'y trompe pas, ces prétendus savants, ces prétendus rationalistes, sont les plus terribles ennemis de la science et de la raison, et c'est à leur faiblesse que nous devons de voir les formules sacerdotales menacer encore la liberté et la conscience, au siècle par excellence de la lumière et du libre examen.